Pucón

​Une nuit de bus depuis Valparaiso et nous voilà débarqués au petit matin dans le village de Pucón. Une traversée rapide du village nous mène au bord du lac de Villarica, où l’on trouve un camping afin d’y planter notre tente. Beaucoup de chiliens sont en vacances dans la région (c’est les « grandes » vacances scolaires pour les enfants en janvier-février), du coup c’est bien plein. On s’offre ensuite un déjeuner dans un café avec terrasse, avant de retourner nous reposer un moment à la tente… le moment en question durera plus longtemps que prévu, et c’est seulement en fin d’après-midi qu’on retournera se balader et faire quelques courses et que l’on découvrira le fameux volcan Villarica – encore en activité – qui nous surplombe de toute sa hauteur.

Le jour d’après est sportif… location de vélos pour tout le monde, avec à la clé les Ojos de Caburgua et le lac du même nom. Ça tombe bien, il ne fait pas trop chaud car le ciel est un peu voilé. Quelques points de vue sur le sommet enneigé du volcan et après avoir pédalé 17km sur un chemin vallonné, on rejoint les Ojos. Un bassin circulaire d’eau translucide, où se jettent 7-8 chutes d’eau. Dégustation sur place d’un pastel de choclo, spécialité chilienne, faite de poulet émietté + olives + champignons, recouverts d’une purée de maïs et gratiné au four. Très bon! Sur cet encas, on roule encore environ 5 km pour rejoindre les plages de Caburgua; verdict : sympa, sans plus! Rentrée jusqu’au camping pour une douche méritée, mais pas aussi chaude que ce que l’on a bien voulu nous faire croire.

Deuxième journée sportive! Par contre, on sera cette fois-ci spectateurs. Il se déroule à Pucón un Ironman d’une longueur totale de 70.3 km, répartie entre de la natation, du vélo de route et de la course à pied. Du coup, on a passé la journée à regarder l’épreuve, réalisée tant par des sportifs de haut niveau que par des populaires. Le peuple chilien est très chauvin et les athlètes d’autres nationalités n’avaient malheureusement pas droit à beaucoup d’encouragements! Mais nous, on s’est démenés pour eux. Tellement qu’Elodie en avait mal aux mains à la fin de la journée. Si quelqu’un cherche des encourageurs, presque pros, on est bientôt dispos! En fin de journée, on a rassemblé et acheté les dernières affaires pour notre trek des jours suivants.

Et oui, on a enfin décidé de se lancer dans un trek en totale autonomie. Ça veut dire qu’on transporte avec nous tout ce qu’il faut pour dormir et pour manger. C’était déjà pas une mince affaire de se répartir le tout… mais ça s’est encore un poil compliqué pour rejoindre l’entrée du parc national. Tant à l’office du tourisme qu’au bureau du parc, tout le monde nous recommandait le stop. Après presque 1h30 de marche, 2km sur 10 en véhicule (le reste à pied), on n’était pas super-convaincu que ce soit la meilleure solution. Heureusement, un sympathique couple d’argentins nous a pris depuis l’entrée jusqu’au lieu de départ du trek situé à la base du volcan (toujours le même, qui nous « poursuivra » de son ombre durant le séjour). On commence ensuite notre marche de 5 jours, permettant une traversée du parc national Villarica. Difficile de savoir exactement les temps de marche et les kilomètres… car il y a de grandes divergences entre les différentes cartes, d’une part, et les informations que l’on nous a communiquée, d’autre part. 

En définitive, tout s’est plutôt très bien passé, sauf la première journée. Après avoir un peu galéré pour rejoindre le départ, on a commencé à marcher au soleil, quand il s’est soudain mis à bruiner, puis à pleuvoir et à y avoir du vent. Vu qu’on avait pratiquement rejoint le lieu où l’on souhaitait camper, on a monté la tente une première fois… au milieu d’une énorme colonie de fourmis, réveillée par le plantage de nos sardines… démontage puis remontage un peu plus bas, près d’un anglais qui avait aussi trouvé refuge par là. On n’a pas trouvé super-palpitant cette fin d’après-midi enfermés dans notre abri rouge, à se demander à chaque rafale de vent si ca tenait le coup. On doit avouer que ça a lâché… une fois! Olivier s’est très bien débrouillé pour tout remettre d’aplomb et en revenir trempé.

On a parcouru des paysages magnifiques et campé dans de beaux endroits : au bord d’un petit ruisseau ou d’un lac tout bleu. Hormis les flancs du volcan Villarica et ses paysages volcaniques fantomatiques, on est aussi passés par des forêts où poussent de somptueux araucarias (de très vieux épineux) et où vivent des pics géants, de près de 50 cm. On a ensuite marché vers différents lacs, dont les très beaux Lagunas azul et blanca. Suite à cela, on a terminé notre périple en traversant de grands champs marécageux et boueux, avec plusieurs lacs cachés dans les herbes hautes. 

Au final, on a terminé le trek en 4 jours, avec des étapes journalières de plus ou moins 25 km, pour environ 8 heures de marche (la moitié le premier jour). La fin du voyage se fait sur une grande route qui relie l’Argentine et le Chili. Pour le retour, le stop semblait là aussi être la meilleure solution, même si on avait une roue de secours… car un bus quotidien rejoint le parc en fin d’après-midi. Après 2h30 de pouces levés, dont une partie en marchant jusqu’à l’arrêt de bus, on a dû se rendre à l’évidence… ça ne doit pas être pour nous! C’est tout penaud qu’on s’est enfilé dans notre carrosse à son arrivée et qu’on s’est fait déposer à Pucón où l’on a retrouvé avec bonheur nos affaires laissées au camping. 

Rien de particulier pour ce jour suivant le retour, si ce n’est qu’on est allés se détendre dans les sources d’eaux chaudes de Los Pozones (dont certaines bien trop chaudes), situées à 1h30 de mini-bus du village. Assez touristique certes, mais ça faisait du bien et les jambes en sont ressorties comme neuves! En prime, on s’est offert un bon souper : pain, fromages et rouge.

Tous frais et reposés, c’est l’occasion de remettre la machine en route pour une excursion à la journée dans le parc national Huerquehue. Une marche de 6-7 heures dans la forêt, pour rejoindre différents lacs d’altitude entourés de forêts et y voir également quelques chutes d’eau (et à nouveau quelques pics). Dîner les pieds presque dans l’eau, sur un promontoire rocheux, à profiter des rayons du soleil. C’était une très belle journée, avec des lacs de diverses couleurs… et terminée en beauté par de bons « kuchen » crumblés, aux framboises et aux myrtilles. Un régal!

C’est sur ce dernier intermède gourmand que s’achève notre séjour à Pucón. C’est un endroit paisible qu’on a tous les deux beaucoup appréciés et où l’on aurait pu rester bien plus de temps… mais l’aventure nous appelle et il est l’heure de continuer notre périple en direction du Sud.

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Valparaiso

​Après 24h de bus, notre plus long trajet à ce jour, mais qui a étonnamment assez vite passé, on arrive en ville de Valparaiso. Comme certains le savent déjà, on y retrouve les parents d’Elodie pour passer quelques jours ensemble! Ça nous fait du bien de revoir du monde connu et c’était des retrouvailles émouvantes! Durant cette semaine et quelques jours, on a pas mal bourlingué  en ville et aussi dans les alentours proches et, parfois, un peu plus lointains. Ce sera compliqué de relater notre planning jour après jour, parce que finalement ça date déjà un peu et qu’on n’a pas tout noté… on va donc se contenter de quelque chose de plus succinct. 

Évidemment, on s’est baladé en ville en participant à une sortie en mer et à des tours guidés très intéressants, tant sur l’histoire de la ville, un peu de politique chilienne, mais également sur les tags et l’art de rue omniprésents. L’atmosphère y est assez particulière, puisque les quartiers classés par l’Unesco côtoient des semblants de bidonvilles et des zones malfamées où l’on recommande aux touristes de ne pas s’aventurer. Par excès de soif de découvertes, on s’est trouvé par mégarde dans l’un d’eux… et on n’a pas trop fait les malins jusqu’à retourner en lieu sûr. À part cela, il y a plusieurs collines aux lieux très intéressants (maisons historiques, musée, ancienne prison, etc.). Pour la petite histoire, la ville construite d’abord en bord de mer autour d’un port alors important, s’est développée ensuite sur les collines alentours, aux nombres de 45 ou 42, ça dépend de la personne qui raconte.

Concernant l’art de rue, il y a différents types présents, allant du tag (une simple signature), au graffiti (une signature améliorée), jusqu’au mural (de grandes fresques représentant un sujet) – on n’est pas des experts en la matière, on ne fait que conter ce que nous avons entendu. Ce sont ces derniers qu’on a le plus appréciés! Ils sont généralement de grandes tailles, dont certains s’étalant sur des immeubles entiers, avec des styles complètement différents suivant les artistes. Dans ce milieu, lorsque quelqu’un de respecté réalise un mural, personne d’autre n’ira repeindre par-dessus. C’est pourquoi certains propriétaires immobiliers mandatent des graffeurs afin de peindre une fresque sur leur façade.

Durant nos autres journées de découvertes, on s’est aventuré sur la côte au nord et au sud, en passant tantôt par de jolis villages de pêcheurs encore typiques, que par les stations balnéaire huppées de la jet-set chilienne ou les buildings destinés à contenter les familles en mal de plage. Plage oui, mais pour aller se baigner il fallait être bien téméraire car l’eau n’était vraiment pas chaude! On ne s’y est d’ailleurs pas aventuré…

On a aussi réalisé une dégustation de vins et une visite dans les vignes, chez des viticulteurs biologiques et agro-dynamiques). En gros, ils n’utilisent pas de produits chimiques pour les vignes ou la production du vin, mais seulement du naturel (= poules pour manger les éventuelles larves, bouquets de lavande pour attirer les abeilles ailleurs que sur le raisin, crottin d’alpacas pour l’engrais, etc.). C’était une visite et une dégustation très intéressante, qui nous a fait découvrir une autre manière de cultiver le raisin. Encore plus important, les vins dégustés en pays chilien étaient vraiment bons et on a aussi apprécié cela, après notre dégustation bolivienne! Du coup, on est repartis avec une bouteille pour un apéro (toujours ce sac à porter…) et un pot de miel pour les déjeuners!
Avant cela, on avait profité de faire une promenade dans la réserve de las Peñuelas, au bord d’un petit lac, où paissaient paisiblement quelques chevaux et des lamas… ben oui! À noter sur le retour, un incendie assez impressionnant mais, chose triste, on en aura vu presque tous les jours lors de notre séjour. Cela est dû à la grande sécheresse, mais aussi aux réseaux électriques complètement anarchiques…

Finalement, après tout cela, on a quand même réalisé quelques balades nature un peu plus sportives… fallait bien qu’on brûle quelques calories, parce qu’avec les restaurants qu’on s’est faits en dégustant des fruits de mer et quelques morceaux de viande (et en s’offrant quelques bons breuvages), ça s’avérait nécessaire. On est allés un jour dans le parc national Campana pour une balade de quelques heures, par une chaleur torride, à l’ombre des palmiers présents et des gigantesques cactus.

Autre balade, à la station de ski de Portillo, pour y voir (très partiellement) les montagnes des Andes et un beau lac d’une couleur bleu turquoise. S’en est suivi un chocolat chaud/thé dans le seul et unique restaurant/hôtel de la station. C’est dans celui-ci que logent les équipes de ski venues s’y entraîner durant les mois d’été chez nous (hémisphère sud… les saisons s’inversent!), comme le Canada, les Etats-Unis ou encore l’Autriche. L’occasion d’un moment d’émotion pour Elodie qui trouvera sur un mur un poster dédicacé par son idole Benjamin Raich! 

En tous cas, on a vraiment passé de beaux moments tous les quatre et c’était très chouette de pouvoir partager un instant de notre voyage avec de la famille… même si on a cru comprendre que pour eux, le dépaysement a été bien plus qu’important. C’est là que l’on prend conscience aussi de tous ce que l’on a vu depuis le début de notre tour du monde et que l’on doit absolument se rappeler que toute la misère que l’on peut voir partout et à n’importe quel moment, ne devrait pas exister!

Une dernière note un peu plus positive pour terminer ce récit? On a oublié de vous dire que le Père Noël était finalement passé pour nous, avec un peu de décalage… certainement qu’il a eu de la peine à nous trouver avec tous nos déplacements! Merci à ceux qui nous ont fait parvenir une attention touchante qui nous a rappelé avec grand bonheur la Suisse!!! 

À très bientôt, gros becs à tous.

San Pedro de Atacama et ses alentours

​Après la capitale péruvienne… Lima pour ceux qui nous suivent attentivement… direction le sol chilien. On a donc pris un avion tard dans la nuit, pour voler quelques heures et atterrir dans un nouveau pays. Aéroport d’Antofagasta, 5h00 du matin, ce n’est pas ce qu’on a connu de plus sympa… surtout avec un mini-peu de pesos sur nous et pas de possibilité de retrait sur place! Avec ce que l’on a, on a juste de quoi demander à un taxi de nous emmener à la gare routière, située à 25km environs. À cette heure-là, les minibus ne sont pas encore en service et de toute façon, un peu plus chers! Au terminal, on achète déjà nos billets de bus, car ce n’est ici qu’une étape rapide. On souhaite se rendre à San Pedro de Atacama… heureusement, le paiement du bus peut se faire par carte de crédit! Vive la technologie… et les pays un peu plus « développés » (on emploie des guillemets, parce que ce terme fait toujours penser que c’est négatif… mais en fait, ça peut receler pleins de notions différentes, en tout cas pour nous. On se fera un plaisir de partager nos théories à ce sujet à notre retour…!). Tout ça pour dire, qu’on a la journée à tuer en ville d’Antofagasta, après une nuit presque blanche et sans un sou en poche! Du coup, c’est à pied et chargés comme des baudets qu’on rejoint le centre-ville où… joie, bonheur… on trouve un distributeur! Déjeuner, puis dîner se succèdent sur la place principale. Pour toutes les raisons citées ci-dessus (fatigue, poids du chargement,…), on ne va pas trop bouger de l’endroit. En milieu d’après-midi, on rejoint une nouvelle fois le terminal, cette fois-ci, avec un minibus, puis un bus confortable nous mène jusqu’à San Pedro. Premier camping un peu trop chico, la propriétaire l’a bien compris et nous donne une autre adresse plus en rapport avec ce que l’on cherche! Très sympa, surtout qu’à cette période, on s’approche du jour de l’An, on va remarquer bien vite que tout se rempli à la vitesse de l’éclair. Reste plus qu’à monter la tente… et là, on vous l’avoue, oui… on a galéré! Mais pour une première fois, c’était pardonnable. C’est parti pour notre première nuit de camping. 

Pour la suite de notre séjour à San Pedro, on va la faire un peu plus courte que d’habitude… parce que 1) le programme n’était pas forcément très chargé 2) qu’on a passé quelques journées de glandouille et que 3) ça nous embête de vous faire un résumé journalier pour cette fois-ci… ben oui, personne n’est parfait!

Il y a pleins de choses à faire dans la région et c’est génial. Comme notre credo depuis le début de notre voyage, c’est « dors, mange, voyage peu cher pour profiter de belles excursions hors de prix (quand ça en vaut la peine)! », ben là on va se lâcher. Alors oui, c’est beaucoup de tours organisés, oui, il y a du monde et oui, on avait dit que c’était pas pour nous. Mais bon, quelques jours en ne pensant pas à grand-chose, ça fait du bien aussi.

Dans l’ordre et le désordre, on a fait les tours suivants, très différents les uns des autres, et qu’on a tous appréciés pour diverses raisons.

Valle de la Luna : un tour de quelques heures, en fin de journée avec les paysages typiques de la région (petites vallées escarpées, sculptures de pierre naturelles, dunes de sable), ainsi qu’un très beau coucher de soleil sur les montagnes et le volcan Licancabur (dont on vous avait déjà parlé précédemment dans le poste sur le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez, puisqu’il marque la frontière bolivo-chilienne).

Lagunas altiplanicas (Chaxa, Miñiques et Miscanti) et Piedras Rojas : peut-être l’excursion que l’on a préférée durant ces quelques jours. Durant celle-ci, on y a fait la connaissance de Paul et Chloé, en voyage autour du monde eux aussi, mais avec des visites de pays bien différentes des nôtres (Russie, Mongolie, Inde, entre autres), ça nous a donné de quoi discuter… lors de cette journée, on a commencé à la Laguna Chaxa, où il y a pleins de flamands, avant de rejoindre les Lagunas Miñiques et Miscanti, surplombées toutes les deux par un volcan. En fin d’après-midi, tour jusqu’au Piedras rojas, des pierres rouges comme l’indique très justement le nom espagnol, au bord d’une lagune à l’eau turquoise! Des paysages magnifiques, comme on les aime…

Lagunas Escondidas (ou Siete lagunas) : petite excursion d’une demi-journée également, avec un arrêt dans le Salar d’Atacama où se trouvent sept petits bassins d’eau. Hormis le fait que la couleur de l’eau et sa limpidité soient assez incroyables, on a aussi pu se baigner dans deux de celles-ci. Particularité? L’eau y est plus salée que dans la Mer morte! On flottait donc avec une très grande facilité… et Elodie a même profiteé d’un bain privé dans une des lagunes, avant qu’on aille tous les deux se rincer à l’eau claire, car on était recouvert d’une croûte de sel! Retour par un point de vue sur la Valle de la Luna. 

Geysers del Tatio : immanquable, le tour par excellence, celui qu’il faut faire… le plus haut champ de geysers au monde. Bon, ça ne pouvait être qu’incroyable, mais on avoue humblement qu’on s’attendait à autre chose, parce que finalement on n’a pas trouvé le tout si impressionnant. Départ du camping vers 4h30 en mini-bus… on vous raconte que la première fois on nous a oublié? Et oui, en principe on part à la première heure, pour arriver sur place au lever du soleil quand il fait encore froid et que les vapeurs de fumée se voient bien. Dès que l’atmosphère se réchauffe, on la voit moins. Attente donc jusque vers 6h pour appeler le propriétaire de l’agence (le jour d’avant, on avait attendu 1h et on n’était pas les derniers à embarquer), pour s’entendre dire que le bus est parti… on va lui rendre visite à midi, remontés et prêts à s’énerver. Mais il nous coupe dans notre élan en nous proposant un jour de remplacement ET en nous remboursant le tour! Du coup, ben ça nous a directement calmés… deux jours plus tard, départ pour l’excursion, et cette fois-ci sera la bonne! Vue sur les geysers, puis baignade dans une source chaude naturelle un brin stressante, puisque les courants froid/chaud/brûlant ne sont pas toujours les mêmes et que l’on passe de l’un à l’autre en quelques secondes. Au retour, quelques arrêts pour voir des flamands, le joli village de Machuca et le Cañon de Puritama.

Observation du ciel et des étoiles : juste géniale! Évidemment, ça se fait le soir… on avait idée de faire avec une agence en particulier qui propose des tours dans la langue de Molière, animés par un astronome français et son épouse chilienne. Pas de bol, tout était complet jusqu’au 8 janvier et on repartait le 2, du coup, même tour mais en espagnol. Et il faut relever qu’on a tout compris… car le vocabulaire astronomique espagnol basique (on est pas devenus des experts en une soirée, hein!) ressemble furieusement au français! Observation des constellations (la casserole, les 3 rois mages, la croix du sud, le taureau, Sirius, etc.), de la voie lactée avant de passer aux télescopes astronomiques pour une plongée dans le lointain. La soirée s’est terminée avec un vrai chocolat chaud (ouiiii, avec du vrai lait et du vrai chocolat dedans!), rien que pour ça, ça en valait la peine.

Hormis les excursions, on a aussi fêté un événement particulier à San Pedro de Atacama… le Nouvel-An! On ne savait pas trop quoi faire ce soir-là et il s’est avéré qu’un barbecue était finalement organisé au camping. Du coup, c’était la solution de facilité qui s’est imposée. Souper au camping, un peu light puisqu’on a traîné pour aller se servir … jusqu’à ce que le bonhomme du Nouvel-An ait brûlé de haut en bas… un signe de chance pour la nouvelle année! Pour nous, elle a en tout cas commencé de la meilleure manière possible. On crois les doigts pour que ça continue… On a mangé et bu, un peu, en compagnie d’une sympathique équipe de français exilés comme nous à l’autre bout du monde pour les Fêtes : Boris, Guillaume, Marine et Benjamin & Tiffany qui voyagent en couple autour du monde… eux n’en sont qu’à leurs débuts… alors que de notre côté, on se rapproche dangereusement du clap de fin… nostalgie! C’est avec ces derniers qu’on va finalement dansé jusqu’au bout de la nuit autour d’un feu de camp avec des discussions bancales et des verres qui le deviennent aussi petit à petit. 

Toutes les nuits ont été faites au camping, au départ avec bien de la place, puis à la fin en dormant tente contre tente. En plus, n’oublions pas les dortoirs que comptaient aussi le camping… du coup, on devait pas être loin de 60-70 personnes à dormir par là! On a fait la connaissance de gens d’à peu près partout en Amérique du sud: Mexique, Chili, Colombie, Argentine… l’occasion de continuer de pratiquer notre espagnol, quand ça ne parlait pas trop vite pour nous.

Pas d’étape en cours de route jusqu’à Valparaiso, qu’on rejoint après… 24 heures de bus, 4 films (dont deux navets), une bouteille entière de soda (il n’y avait pas d’eau lors de notre arrêt), quelques sandwichs avocats/tomates (on ne s’en lasse pas!) et un snack offert par la compagnie de bus (quelques biscuits et un jus d’orange). La suite de nos aventures, on espère pouvoir la partager avec vous ces prochains jours!

Lima 

​Après une nuit de bus, débarquement à Lima le 24 décembre. On y récupère nos sacs, couverts de fientes de poules… parce que les gens ont entassés un fourbi incroyable dans la soute et que les cages des animaux pour le transport sont de simples caisses en bois, avec des ouvertures partout. Merci les protections intégrales de sacs! On ne le dira jamais assez, mais qu’est ce que ça nous a rendu service depuis le début du voyage. Il doit y avoir eu à peu près tout ce qu’il est possible d’imaginer dessus (essence, huile, jus de poissons, fientes de poules… pour ce qu’on est parvenus à identifier!). Bon, revenons à nos moutons… ou nos rênes. C’est Noël et du coup, plutôt que de piler jusqu’au centre-ville ou de se serrer dans un collectivo, on s’offre un taxi! Et oui, en voyage, les envies de Noël ne sont vraiment plus les mêmes… la négociation est difficile, car en ce jour de fête, il y a du monde partout, mais le chauffeur accepte de faire un petit cadeau aux gringos que nous sommes. On se rend à l’auberge de jeunesse réservée auparavant avant de partir parcourir les rues du très chic quartier Miraflores. Le coin bourgeois de la ville, où se reunissent les riches péruviens et les expatriés. On est en quête d’une tente pour notre périple au Chili… Et on n’a rien trouvé jusqu’à présent qui soit 1) pour deux-trois personnes 2) assez grand pour mettre nos sacs a l’intérieur 3) étanche et 4) à un prix décent… On a parcouru quelques centres commerciaux gigantesques, complètement improbables après les mois que l’on vient de vivre entre le Pérou et la Bolivie. On se rend vraiment compte qu’il y a une énorme différence après tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Ce n’est pas ce qu’on préfère, on doit l’avouer, mais ça fait aussi partie du pays! On trouve finalement notre bonheur dans un magasin de sports… les photos de notre nouvelle maison suivront. Le soir, c’est Noël à l’auberge, avec tous les autres jeunes de la maison, ainsi que les propriétaires et leur famille. C’était vraiment génial! On a commencé de manger vers 22h00, un énorme buffet de spécialités péruviennes avec min. 20 plats, on a discuté avec nos voisins (belges, français, mexicains, colombiens), le tout dans une super ambiance. Avant le décompte final pour arriver à 00h00 et les feux d’artifices! Complètement surpris de s’entendre crier « Feliz Navidad » et de faire la bise à tout le monde… On s’est demandé si on avait oublié quelques jours du calendrier!

Dur réveil le lendemain du coup… On ne vous fait pas un dessin, même si certains d’entre-vous ont eu le bonheur de nous voir ce matin-là. Déjeuner de Noël : panetone (aussi surprenant que ça puisse paraître, il y en a partout ici!), jus de fruits, mangue, yogourt… c’est le LUXE! Avant de voir arriver Greg et Marie, en escale durant leur remontée du Chili à l’Équateur. On passe la journée avec eux, à se refaire un topo de nos expériences respectives de voyageurs, le tout en marchant jusqu’au centre historique. On y arrive après pas loin de 3h de marche et du coup, une bière s’impose! Balade dans les ruelles, pleines de monde, bien que pratiquement tout soit fermé, sous une chaleur étouffante. Retour en taxi, où l’un d’eux a voulu nous rouler… en cumulant plus d’une année de voyage en commun, on ne nous la fait plus! Apéro à l’auberge et souper au restaurant, mais cette fois-ci pas dans un boui-boui. Vous imaginez même pas à quel point on a apprécié. La soirée s’est terminée par un échange de cadeaux… format/poids « voyage », évidemment!

Dernier jour à Lima, on retourne se balader jusqu’au nord de mer avec nos deux acolytes et on profite de remanger un dernier ceviche tous ensemble! Retour en début d’après-midi, et nos chemins se séparent à nouveau. Alors qu’on prend un vol le soir-même pour le Chili, Marie et Greg s’en vont en bus en direction de l’Equateur. Après leur départ, on va se balader un moment dans les environs et acheter notre souper, avant de prendre un mini-bus plein à craquer pour l’aéroport. Pas évident avec tout notre chargement, surtout au moment de débarquer, quand une femme a décidé que, non!, elle ne bougera pas de sa place debout au milieu du bus. Elodie a bien failli lui arracher les cheveux! C’est sur ce dernier intermède chaotique qu’on termine notre expérience péruvienne.

Et quelle expérience! Un seul et unique pays, où il est possible de voir des paysages tellement diversifiés qu’on s’y perdrait… sommets enneigés culminant à plus de 6000m, hauts plateaux désertiques, côtes de bord de mer, jungle amazonienne, pour ne citer que les principaux. On a beaucoup apprécié la gentillesse et l’accueil des gens,  en particulier dans les régions un brin moins touristiques. On en revient toujours à la même chose : quand c’est touristique, les gens sont sympas, c’est sur. Mais on a quand même toujours l’impression que ce n’est pas 100% sincère. On a aussi rencontré de sympathiques voyageurs, avec qui on a partagé de supers moments. On ne sait pas trop expliquer pourquoi, mais il nous semble qu’il est plus facile de rencontrer du monde ici en Amérique du sud que lors de notre partie de voyage en Asie. Et ça aussi, c’est super chouette!