El Calafate, Puerto Natales

Depuis El Chaltén, trajet en bus jusqu’au village touristique d’El Calafate, toujours du côté argentin. Bon, on va pas se mentir rien de particulier à y faire, si ce n’est l’excursion pour aller voir le glacier Perito Moreno. Du coup, dès notre arrivée on se plonge dans la planification de notre expédition! Du soleil est annoncé pour deux jours après… on se dit qu’on arrivera bien à tuer le temps pour une journée, et on prend directement notre billet de bus pour nous rendre au célèbre glacier. Le soir, on passe un beau moment à parler voyage avec un couple de français de 55 ans env. qui a vadrouillé un peu partout sur la planète : à vélo, à pied, en bus, en bateau, avant/avec et maintenant sans les enfants (devenus grands). Là, même si on s’en rendait déjà bien compte, on s’est dit qu’on en avait encore pleins des choses à découvrir et des aventures à vivre!

Avant de se plonger dans le monde glacé « en vrai », on s’est offert une visite au Glaciarium, le musée de la glace. Visite très sympa, mais on doit avouer avoir trouvé l’entrée un poil chère pour ce qu’on y a vu (près de 20.-)… à part ça, on a profité de se balader un peu dans les rues et assisté à un concert en plein air dans l’amphithéâtre de la ville pour la Fiesta del Lago. On ne savait pas qu’on se trouverait sur place à ce moment-là, et il s’avère que c’est « the place to be » pour les habitants des alentours. C’était une chouette expérience, mais le sommeil léger d’Olivier en camping n’a pas vraiment supporté les rentrées tardives et bruyantes de nos voisins…

Expédition au Perito Moreno, on part en bus depuis le village pour rejoindre ledit glacier, sans oublier un passage préalable à l’entrée du parc national où l’on s’acquittera de notre droit d’entrée. On nous dépose au parking où l’aventure peut débuter, en version édulcorée et tranquille… de longues passerelles de bois permettent de rejoindre progressivement les flancs du glacier en bénéficiant de superbes points de vue depuis les différents miradors. Ce qu’on retiendra de ce moment? L’approche progressive qui nous a fait nous exclamer tous les 50 mètres « mais c’est trop beau! », les reflets bleus de la glace, l’imposance de ce monstre (5km de large, pour 50 à 70m de hauteur dans le lac), le fracas des morceaux se détachant du glacier pour se jeter dans le lac et dériver ensuite nonchalamment dans l’eau… on ne saurait rien ajouter de plus, si ce n’est qu’on a ADORÉ! Pour des fans de nature et de beaux paysages, on peut dire qu’on en a pris pleins les mirettes! Retour au village de la même façon, plongés dans nos pensées et congelés… parce que ça caillait vraiment.

Le jour suivant, balade au bord du lac. On pensait pique-niqué au bord de celui-ci à midi, mais c’était sans compter sur l’odeur nauséabonde de celui-ci qui nous a rapidement  fait fuir. On a trouvé refuge sur la tourelle supérieure du château d’une place de jeux… puis dans un café pour y déguster un « sous-marin ». En fait, un verre de lait chaud, avec une branche de chocolat dedans! Le soir, nouveau bus pour rejoindre Puerto Natales au Chili. On vous évite les détails, mais les passages de frontières sont toujours plus compliqués dans le sens Argentine => Chili que l’inverse. Cette fois-ci encore, on a eu droit à une fouille complète de nos affaires et à un scannage de tous nos sacs aux rayons X. Notre chauffeur a bien détendu l’atmosphère avec ses conseils avisés « si quelqu’un détient sur lui une quelconque drogue – marijuana, cocaïne, etc. -, merci à lui de bien vouloir la garder dans sa poche…. ça évitera que tout le monde doive patienter deux heures pour qu’il retrouve le propriétaire ». On a compris plus tard qu’il parlait en connaissance de cause! Arrivée bien tardive du coup, mais on trouve un emplacement dans le camping du bled. Vu qu’on est passés pros dans le montage de notre tente, même de nuit, ça s’est fait comme sur des roulettes!

Premier jour sur place à Puerto Natales. Un dimanche et une grande partie des commerces/restaurants est fermée, du coup c’est assez mort il faut dire… on se balade un moment, jusqu’au bord de l’eau, on boit un café et surtout, on réfléchit à ce qu’on a envie de faire ici. Hé oui, c’est la ville depuis laquelle on accède au parc national del Paine, qui héberge les fameuses Torres del Paine. On ne vous cachera pas plus longtemps ce que l’on pense de l’endroit… une arnaque pour « touristes » et, comme nous l’ont justement fait remarquer certaines personnes, un parc commercial plus qu’un parc national. Initialement, on avait envie de réaliser un trek d’une semaine environ dans ce massif montagneux. Il était nécessaire de réserver les hébergements (même en camping), chose que nous n’avons pas pu faire car tout était complet, bien que nous nous y soyons pris au mois de décembre. Il faut savoir qu’il y a des campings gratuits, assez limités, et que les autres, qui sont payants, sont parmi les plus chers du pays. Bref, impossible de trouver les lieux pour poser notre tente de façon cohérente et normale pendant ces quelques jours de trek dans la nature. 

On envisageait de boycotter l’ensemble, mais c’est quand même de très beaux paysages et on a fini par craquer. On pensait prendre une excursion pour aller voir uniquement les glaciers, mais les photos montrées ne nous ont pas beaucoup convaincu… on a donc changé et on s’est offert un tour avec une agence pour une visite générale du parc le lendemain.

Au lever, mauvaise surprise, puisque le ciel est couvert et tout gris, avec même un peu de pluie. On s’en va direction le parc, avec l’espoir que ça s’améliore durant la journée… plusieurs miradors devaient nous permettre de bénéficier de jolis points de vue sur les Torres, sur d’autres montagnes célèbres du massif, de jolies lagunes et quelques glacier. On a eu de la chance par deux fois durant ce jour : la première en apercevant au loin un puma durant presque une minute et, la deuxième, quand les nuages ont commencé à se dissiper et à laisser apparaître le soleil, et du coup les montagnes aussi! Notre appareil photo avait décidé de ne pas fonctionner ce jour-là, mais c’est seulement dans le bus qu’on s’en est aperçu…. On a quand même immortalisé quelques instants avec le téléphone, par contre pas de preuve du puma. Faudra nous croire sur parole! C’était au final une belle journée, en excursion certes, mais on a quand même eu du plaisir et vu de chouettes paysages. On a regretté la complexité du système mis en place pour réaliser un trek, les prix prohibitifs de l’excursion et de l’entrée dans le parc (30.- par personne), ainsi que partout en ville… c’est tellement touristique qu’on a juste l’impression d’être des machines à fric. La nature et les paysages alentours sont exploités uniquement pour rapporter de l’argent et ce n’est pas exactement la conception que nous en avons. Ce n’est bien sûr pas le seul endroit que nous avons visité qui fonctionne ainsi depuis le départ, mais celui où nous avons ressenti ce sentiment le plus fort.

Ce jour-là, on a connu aussi la cuisine la plus sale qu’on ait jamais vu… imaginez une soirée organisée par 5 jeunes dans une pièce de 5m2 jusqu’à 5h du matin… et multipliez tout ça par 10… voilà un petit aperçu (tout petit) de ce qu’on a trouvé au réveil! Le jour d’après, on reprenait un bus en début de journée pour se rendre jusqu’à Punta Arenas et nos ultimes périples chiliens/argentins. On y reviendra tantôt! 

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Esquel, El Chaltén

Nous voici de retour en Argentine… les traversées de frontières se succèdent et ça va continuer! Comme on est à Esquel en milieu de journée, on profite de notre après-midi sur place pour grimper jusqu’au sommet d’un mirador surplombant la ville d’où l’on a aussi une vue dégagée sur les alentours. On est maintenant des adeptes du camping, donc, comme vous l’aurez compris, c’est de nouveau là qu’on passera une nuit!

Pour la journée du lendemain, on s’est dit qu’au lieu de repartir directement, on allait profiter de faire une autre balade dans les alentours. On rejoint ainsi la Laguna Zeta par un chemin blanc où ne passent que quelques voitures. Et là, en arrivant, ce qu’on remarque tout de suite, c’est le silence… ça doit faire des semaines qu’on n’a pas été dans un endroit calme et reposant comme cela. Même dans la nature, il y a toujours un bruissement de feuilles, le clapotis de l’eau ou le bruit du vent dans les arbres (et là, on ne mentionnera même pas les endroits où l’on dort ou les moyens de transports)… qu’est-ce que ça faisait du bien ce moment de calme! Après avoir pique-niqué, on a juste profité de l’instant présent et du paysage avant de redescendre en fin d’après-midi. Le bus n’attend pas et vu qu’il s’agissait du plus cher payé depuis le début de notre voyage, pas question de le manquer. 20h de route, un souper, un film… heu, spécial…, une nuit à bord, pleins d’animaux au bord de la route (guanacos, renards, autruches, lièvres, etc.) et nous voilà à El Chaltén.

Il s’agit de l’un des endroits les plus fameux d’Argentine, tant pour les randonnées que pour l’escalade et les amoureux de la nature. Comme il se doit, on prévoit d’y passer plusieurs jours! Le camping étant toujours la règle, on plante notre tente dans un lieu repéré dans notre guide, avec cuisine et réfectoire à disposition. Ça va s’avérer bien utile au vu des conditions météo ici, où le vent ne semble jamais faiblir, sauf pour mieux se démonter quelques secondes plus tard. La tente a été arnachée comme il se doit, de tous les côtés, plus de sardines à disposition. Le premier après-midi, on repère les lieux, avec une visite à l’Office du tourisme (où on n’apprendra rien de bien intéressant) et une autre au bureau des guides du parc. Un petit point météo nous fait espérer du beau temps pour les prochains jours, mais toujours avec ce satané vent! On aura également le privilège d’apercevoir en vitesse un tatou, tellement rapide qu’il n’a pas pu être immortalisé, c’était vraiment rigolo. On soupe le soir avec Paul et Chloé, qui repartent le lendemain (relisez les articles precedents si vous voulez savoir où on les a déjà rencontrés!).

Première journée : sentier jusqu’à la Laguna Torre (mirador Cerro Torre)

Temps un peu couvert, du coup on décide de se lancer dans la marche qui bénéficie « des points de vue les moins impressionnants ». Elle monte depuis le village directement (comme toutes les autres… ça c’est top!), avant d’atteindre un mirador d’où l’on a théoriquement une vue panoramique sur le Cerro Torre. Pas de bol, quelques nuages d’altitude sont bien présents et ce sera le cas tout le jour. Suite de la marche dans le fond d’une vallée, que l’on remonte jusqu’en haut, au bord d’un lac de glacier au pied des tours. Le glacier « en tiramisu », selon l’idée de Chloé, est bien dégagé et on profite d’une vue sur celui-ci, en restant cachés partiellement derrière des rochers. Un vent à décorner les boeufs… s’il y en avait! Retour par le même chemin.

Deuxième journée : sentier jusqu’au Lago de los Tres (mirador Fitz Roy)

Temps magnifique au réveil, pas un nuage à l’horizon. Aujourd’hui, ce sera le plus beau point de vue sur, excusez du peu… le Mont Fitz Roy! Excités comme des puces, on s’élance à l’assaut de la première montée, qui nous mène à un mirador à la vue époustouflante! On continue par un plateau, avant d’attaquer la vraie montée de la journée… qui nous laissera trempés en arrivant en haut et les yeux ébahis devant ces tours granitiques de 1500 mètres de haut (altitude au sommet de 3405 m). On a déjà dit que c’était impressionnant? ! Pique-nique abrités, car ça caillait pas mal, en zieutant les tours et les lacs turquoises à leurs pieds. Le temps semblant resté au beau, on décide de prendre un chemin de traverse pat les Lagunas Madre y Hija pour retourner au point de vue du jour précédent… le vent aura malheureusement été plus rapide que nous et a déjà ramené les nuages avec lui à notre arrivée, mais on ne perd pas espoir pour les prochains jours! Histoire de se remettrede nos émotions, quelques chocolats délicieux et surtout un chocolat chaud fin bon!

Troisième journée : diverses balades aux alentours du village (miradors de los Condores / de las Aguilàs, chute d’eau)

Il a plu finalement une bonne partie de la nuit et ça continue au réveil… comme il n’y a franchement pas grand-chose d’autre à faire par ici (on est réalistes), on décide d’aller se balader et de faire les petites balades autour du village. Premières marches jusqu’à deux miradors, Condors et Aigles, avec la chance de voir quelques condors voler au-dessus de nos têtes et une jolie vue sur la vallée de l’autre côté du village et des montagnes. Hé oui, même un jour de nuages, on parvient à trouver du ciel bleu. Ça se dégage en milieu de journée pour aller voir une chute d’eau à quelques kilomètres. Tant et si bien, qu’en revenant au village, Olivier décide de remonter aux miradors du matin pour profiter de la vue… pendant qu’Elodie partait s’offrir un chocolat chaud en bouquinant Harry Potter (la gourmandise, bien qu’étant un des péchés capitaux, ne disparaît pas comme ça!)

Quatrième journée : sentier de la Loma del Pliegue Tumbado

Dernière journée, avec la marche la plus ardue. À nouveau de jolis points de vue, mais d’ensemble cette fois-ci, sur les sommets du Cerro Torre et Fitz Roy, ainsi que sur les vallées alentours. Les nuages sur les sommets sont de retour en cours de matinée et lorsqu’on atteint le but ultime en haut de la montagne, on ne voit plus grand-chose. Mais le lever de soleil sur le Fitz Roy, avec unréveil bien tôt, compense cette petite déception de ne pas être arrivés à temps!

Ça a été des journées superbes, dans un environnement magnifique! Le temps n’a pas toujours été au top, ça fait partie du jeu et on peut s’estimer heureux avec ce que l’on a vu… certains repartent bredouille (= sans aucune vue sur les sommets), ceci même après plusieurs jours sur place. On développera un peu plus par la suite sur le sujet, mais on a apprécié que ce soit encore un parc naturel avec de fabuleux endroits à des prix encore décents pour des voyageurs au long cours et des passionnés de montagne, de nature et de beaux paysages. Vous verrez dans nos prochaines nouvelles que certains endroits ressemblent bien plus à un Disneyland pour les porte-monnaie bien garnis… On vous embrasse fort!

Puerto Montt, Île de Chiloé, Futaleufu

En arrivant à Puerto Montt, on retrouve au terminal Tiffany et Benjamin (nos acolytes de Nouvel An) qui sont venus nous y accueillir et que l’on suit jusqu’à leur maison d’hôtes où il y a une chambre pour nous. Ça n’a pas été des journées très productives par là… sorties en ville, tour dans les magasins de sport pour trouver un nouveau sac de couchage bien chaud (les nuits commencent à devenir fraîches), dégustation d’empañadas et grillades le soir… bien arrosées et où l’on refait le (tour du) monde tous les quatre.

C’est avec un p’tit pincement au coeur qu’on les quitte après ces deux journées, car on avait prévu de faire un bout de chemin ensemble. On pensait pouvoir louer un véhicule pour réaliser la descente de la Carretera australe, une très belle route en direction du Sud. Mais le trajet se serait fait avec prise du véhicule à un endroit et remise ailleurs et c’était bien trop cher. Du coup, on part de notre côté pour l’île de Chiloé, alors que les bretons continuent leur route en stop vers le Sud. Certainement qu’on devrait les recroiser par la suite vu qu’on a, à peu de choses près, le même itinéraire… comme tous les voyageurs se dirigeant dans cette direction en fait.

Première étape sur l’île de Chiloé dans la ville d’Ancúd où on se loge dans un petit camping avec emplacement mini dans le jardin d’une famille. Il y a sur l’île pleins de petites maisons de pêcheurs en bois de toutes les couleurs et de nombreuses églises, également en bois. On aime bien cette ambiance qui se révèle un peu moins touristique et assez typique. La pêche est importante par ici et il y a de nombreux élevages de saumons en pleine mer. Fait marquant, le Chili est le deuxième pays producteur de saumons du monde, après la Norvège. On se balade dans la ville et Olivier goûte au fameux curanto, le plat typique de l’île. Il s’agit d’un mélange de fruits de mer et morceaux de viande divers, cuits au feu de bois avec des patates et capable, comme il se doit, de venir à bout de n’importe quel estomac.

Les jours suivants, on établit notre campement à Castro, la plus grande ville insulaire, dans la cour d’une école convertie en camping pour l’été. C’est la première année que cela existe et les responsables sont contents, car ça fonctionne bien. On fait une bonne action en plus, puisque l’argent est destiné aux activités réalisées avec les élèves. On passe notre premier après-midi à se balader en ville, sous un ciel toujours menaçant, à admirer les palafitos (maisons sur pilotis) de toutes les couleurs… et à déguster des empañadas à la pomme (ce qu’on continuera à faire les jours suivants tellement on a aimé ça).

Pour les jours d’après, on se rend à Cucao afin de se balader dans le parc national du même nom, sur la plage et dans les dunes de sable et de prendre aussi un peu le soleil. Un joli paysage avec des airs de Bretagne, comme nous l’avaient vanté Tiffany et Benjamin. Balade aussi jusqu’à Dalcahue, pour y voir le port et ses nombreuses embarcations, ainsi qu’une très belle église en bois… et y manger deux huîtres gigantesques et délicieuses (Olivier) ou boire un jus de fruits frais (Elodie). Il s’y déroule une fête chilote (= de Chiloé) avec un orchestre live aux accents alémaniques. À cause de l’accordéon peut-être? Durant ces quelques jours, on fera connaissance d’Alexandra, de France, qui voyage en solo en Amérique du Sud. On quitte l’île au moyen d’un ferry depuis la ville de Quellón, afin de naviguer jusqu’à Chaitén sur le continent. Mais avant cela, légère frayeur car le bus réservé pour le trajet Castro-Quellón nous passe sous le nez, le chauffeur étant trop absorbé par le fait de passer le feu orange avant qu’il ne devienne rouge… Tout juste le temps de se dépêcher pour rejoindre le terminal des bus à pied et de prendre le suivant à la place. On arrive 15min avant le départ du ferry, après quand même 1h30 de bus… OUF!

Arrivée à 23h00, on part à pied jusqu’au village, où l’on trouve un camping pour la nuit. Vraiment pas top, mais ça fera l’affaire… convertis par nos amis bretons adeptes du stop depuis le début de leur voyage, on se dit le lendemain qu’on va tenter de descendre la Carretera australe de cette façon, en sachant qu’il y a des bus au cas où. 2h00 d’attente et au moment où on se résout à aller réserver notre bus, un homme nous propose de nous emmener à 70km à un carrefour « stratégique ». La chance nous sourirait-elle enfin!? Oui, par contre elle sera de courte durée… arrivés au fameux carrefour, on se fait déposer au milieu de pas moins d’une trentaine d’auto-stoppeurs. Un peu désabusés (et découragés aussi!), on tente notre chance en allant un peu plus loin à la sortie du village, où l’on doit constater après 4h d’efforts que ça ne fonctionne pas. Réflexions, discussions, stratégies, on se met d’accord pour changer nos plans. Pas de Carretera australe dans ces conditions, d’autant qu’on ne connaît pas les horaires de bus pour la fin de la descente… tous les jours, matin/soir, un jour sur deux ou moins? Trop d’inconnues nous font revenir au fameux carrefour de Santa Lucia, où on refait du stop pour rejoindre Futaleufu. Premier miracle, on est seuls sur cette « branche » et, second miracle, on nous embarque après 15min pour la destination souhaitée à plus de 100km. C’est donc avec la banane qu’on saute à l’arrière du pick-up pour ce trajet de 2 heures sur une piste. La joyeuse équipe qui nous transporte nous dépose en plein centre et on trouve rapidement un camping, dans le jardin d’un couple de p’tits vieux adorables! Juste avant, un type louche avait quand même voulu nous emmener dans son soi-disant camping… prix à choix, douche chaude (heu oui, mais pas trop, enfin non! ) et situé au fond d’une ruelle en dehors du village, vers un p’tit bois. Une année d’expérience des combines bizarres nous fera rebrousser chemin…

Le jour suivant, on profite des alentours de Futaleufu et du beau temps pour faire un tour sur l’une des collines qui surplombent le village et paresser au soleil sur la plage qui borde la rivière. Tout ça en révisant nos guides de voyage/cours d’espagnol et en essayant de fixer la suite de notre itinéraire, mais on a un peu de mal! Une deuxième soirée/nuit à la même place (avec une douche chaude, chauffée au feu de bois) et on repart, en direction de la frontière argentine. Un premier bus nous dépose devant la douane chilienne, où l’on fait tamponner nos passeports pour la sortie. Puis, 200m à pied et on rejoint la douane argentine où l’on nous appose cette fois-ci le timbre d’entrée. Un autre mini-bus nous reprend de l’autre côté de la frontière et on s’en va ainsi jusqu’à Esquel où l’on arrive en milieu de journée… la suite de notre périple? Ce sera pour une prochaine fois!

Pour en revenir à nos activités d’auto-stoppeurs, et malgré toutes les bonnes expériences contées par les autres voyageurs rencontrés, on doit bien avouer que ce n’est pas pour nous… ça doit être notre côté suisse/planificateur qui ressort, mais ça nous rendait vachement soucieux de ne pas savoir à quel moment on allait décoller, où on allait être le soir, sans parler des personnes qui, plus malignes que les autres, se mettent avant vous pour faire du stop (alors qu’elles arrivent après). Il n’y a pas de règles, juste de la courtoisie, mais qu’est-ce que ça pouvait nous agacer… Du coup, on continue notre périple d’une façon qui nous convient mieux, mais on est contents d’avoir tentés l’expérience! Une de plus durant cette année de voyage…

Junin de los Andes, San Martin de los Andes et Bariloche

​Notre séjour à Pucón est suivi par un changement de pays. Passage de la frontière pour se rendre en Argentine sans problème (à part Olivier qui s’est fait remonter les bretelles par le douanier car il avait perdu sa carte de l’immigration reçue à l’entrée sur le territoire chilien), sous les flancs du volcan Lanin cette fois-ci. Initialement, on avait prévu de descendre jusque tout au Sud de la Patagonie par le Chili et de remonter ensuite par l’Argentine. Mais les prix argentins ont fortement flambé ces dernières années en raison d’une importante inflation. Les prix sont pratiquement les prix « européens » et du coup, ça revenait un peu trop cher. On descend donc principalement par le Chili et, de temps en temps, on réalise des virées argentines quand les endroits nous plaisent.

Notre première « vraie » étape argentine (on a déjà foulé le sol à Buenos Aires…), se fait à Junin de los Andes, que l’on rejoint en quelques heures de bus. Arrivés un dimanche, les rues sont bien calmes et l’ambiance un peu morne, on trouve une place dans un camping situé sur une petite île entourée de rivières. Le but de notre arrêt ici est de profiter de la proximité du Parc Lanin pour aller s’y balader. Il est proche, mais finalement difficile d’accès lorsque l’on n’est pas motorisés… du coup, on devra dormir une nuit sur place parce que les bus pour s’y rendre n’avaient pas des horaires aller-retour permettant une marche à la journée. On y a dormi dans un camping tenu par une famille Mapuche, l’une des tribus originelles peuplant ces terres avant l’arrivée des colons espagnols. Un p’tit coin génial, au bord d’un lac, tout calme! Vraiment chouette, mais on n’a pas eu tellement de chance avec le temps, puisqu’à notre réveil, le ciel était tout noir, avec des nuages bien bas. Impossible de voir la cime du volcan… et on était parti pour faire la marche jusqu’à la base de celui-ci. On décide de se lancer quand même pour cette marche de 9h (selon les panneaux), 7h (selon le garde du parc)… et finalement 6h (le temps qu’on a réalisé pour l’aller-retour, avec pauses). Quelques minutes de ciel bleu nous ont permi d’apercevoir le sommet un instant et on a encore pu le voir en redescendant au bord de l’eau, puisque tout s’est dégagé d’un coup. Après récupération de notre matériel de camping, retour en bus à Junin pour une nuit de plus dans notre camping insulaire.

Le jour d’après, on se rend jusqu’à San Martin de los Andes à 1h30 de route. Dépôt de notre fatras au camping, un peu moins bucolique car situé à côté de la route principale, et on se lance dans une tournée des agences de location de voitures. On trouve notre bonheur pour les deux prochains jours, afin d’aller se balader dans la région des lacs et parcourir la célèbre « Ruta de los Siete Lagos » (=Route des sept Lacs). Fin de journée à se promener dans les rues du village qui regorgent de boutiques de vêtements de sport. Et le soir!? On mange une fondue, accompagnée d’un bon verre de vin pour fêter nos 1 an de voyage… que le temps file!!!

Départ pour la Route des sept Lacs pendant deux journées. On parcourt de très beaux paysages, semés de lacs aux eaux d’un bleu limpide et entourés d’une végétation nous rappelant, parfois, le pays helvète. On se balade, on s’arrête un moment regarder la vue, on continue un bout, on grignote quelque chose, tranquillou! Une nuit en camping au bord du Lago Traful avec une jolie vue, tout simple, un peu en pente, avec un brin de lecture les pieds dans l’eau en fin de journée et un feu pour se réchauffer le soir… sans oublier une bonne douche chaude le matin avant de repartir. Même programme le jour suivant, mais comme on a un peu de temps, on va jeter un oeil à Bariloche (même si on y retourne le lendemain) et à la Colonia Suiza située à quelques pas. Un peu déçus par l’endroit, nous qui pensions pouvoir y déguster une spécialité suisse. Au retour, on profite de s’arrêter au camping que l’on nous avait recommandé pour réserver un emplacement pour le jour d’après. 
Retour rapide en direction de San Martin et une nuit dans un camping (entourés de moutons) juste avant d’arriver au village. La jour suivant, reddition de la voiture (après un rapide p#%@& de changement de pneu – 10 min – car l’un était crevé mystérieusement à notre réveil), puis retour en bus cette fois-ci à Bariloche. On vous épargne notre avis sur les transports en commun du lieu, mais on vous dira juste qu’on a marché avec tout notre matériel les 7 kilomètres menant au camping. On sympathise avec nos voisins de tente, Victor et Mathilde, qui terminent le lendemain leur séjour en Amérique du Sud après 5 mois de vélos. Et du coup, on arrose cela d’une bouteille (d’eau?!).

Premier jour à Bariloche, la suisse Argentine comme elle est est surnommée : le chocolat, les Saints-Bernard, les paysages ou les prix!? Ça doit être un peu de tout… On commence par grimper en haut du Cerro Campanario, depuis lequel on jouit d’une superbe vue à 360° sur les alentours et sur le tortueux lac Nahuel Hapi. On redescend pour se rendre ensuite sur la péninsule Llao Llao où on se baladera jusqu’en fin d’après-midi. Surprise à notre retour au camping… On tombe par hasard sur Paul et Chloé, qu’on avait vu lors d’une expédition à San Pedro de Atacama et croisé 5 min. à Valparaiso. Ce sera grillades pour tout le monde du coup!

Le lendemain, on prévoyait une journée tranquille, à glander un peu sur la plage et à se balader au village. On laissera la première partie de programme de côté, car le vent et le froid rendent la chose impossible. On se rabat sur une visite du centre, un café bien chaud dans la rue piétonne et l’achat de quelques chocolats qui nous faisaient vraiment de l’œil. Soirée similaire que le jour précédent… Olivier est content : le feu est beau, les braises sont chaudes, la viande est excellente et la compagnie sympa!

Réveil aux aurores, 5h30 quand même (qu’on vienne encore nous dire que les voyageurs sont des glandeurs!), pour prendre notre bus via Puerto Montt, et retour au Chili. Autant pour venir en Argentine, ça s’est passé rapidement, autant cette fois-ci ça a pris du temps. A notre arrivée à la frontière chilienne, le bus a été contrôlé de fond en combles par les chiens anti-drogues et anti-produits frais (interdiction d’importer fruits, légumes, etc.), ainsi que toutes les bagages. On est finalement arrivés à destination avec un peu de retard et une surprise, à nouveau, nous y attendait!

1 an de voyage autour de la planète 

​Et oui! Cela fait une année que l’on a quitté notre petite Suisse pour aller voir ailleurs ce qu’il s’y passe. Et il s’en passe, des choses! Nous n’avons pas regretté une seconde d’être partis en voyage et nous avons appris beaucoup sur les autres, mais aussi sur nous. Ne vous réjouissez pas trop vite, vous reverrez bientôt nos « tronches » d’ici peu! 😉

Du coup, devinez comment est-ce que l’on a fêté ça ?!