Faune et flore

Cette fois-ci, ça change, avec une publication spéciale binationale. Puisqu’on est passés par les deux pays (Chili et Argentine) en parallèle, difficile de séparer nos photos. Par contre, elles sont dans l’ordre de découvertes, afin de vous permettre de suivre nos rencontres… du Nord au sud!

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Punta Arenas, Ushuaïa, Puerto Williams

En arrivant à Punta Arenas, on doit avouer humblement qu’on ne savait pas quelle serait notre prochaine destination… c’est bête, mais on n’a jamais vraiment réussi à trouver notre rythme pour cette descente du Chili. Avec notre vol planifié comme date butoir, on avait l’impression tantôt de devoir se dépêcher ou d’avoir plein de temps. Bref, tout ça pour dire qu’après avoir planté notre tente dans le jardin d’une auberge de jeunesse, on a commencé par réfléchir un peu. Les destinations (Ushuaïa/Puerto Williams) et les moyens de s’y rendre (ferry, zodiac, avion, bus) se bousculent dans nos têtes… Finalement, on décide d’aller le lendemain à Ushuaïa en bus, de réserver le zodiac/bus pour le trajet Ushuaïa -> Puerto Williams et notre vol de retour depuis Puerto Williams jusqu’à Punta Arenas. Autant vous dire qu’on a passé une grande partie de l’après-midi dans les agences de transport et de voyage! Soirée standard à la cuisine de l’auberge à discuter avec les gens présents.

Départ tôt le lendemain en bus… en prévision du vol en avion où le poids est bien limité, on part avec des sacs minis et on laisse le reste en pension chez notre hôte Eduardo. Ça a été l’un des trajets qui nous paru le plus long, même si les paysages étaient très beaux et diversifiés, avec quelques animaux par-ci par-là (guanacos et autruches notamment)… 8h de bus de suite, de jour puisqu’il y a un passage de frontière (et oui, Ushuaïa se trouve du côté argentin), entrecoupées seulement par une traversée du détroit de Magellan en ferry. On arrive en fin de journée et après quelques allers-retours pour trouver les clés, on prend possession de notre studio… rien que ça! On l’a trouvé pour 3x rien et après deux mois sous tente, on avoue que c’était un pur moment de bonheur de redormir dans un vrai lit…

Le lendemain, on part en balade sur les hauteurs de la ville, pour se rendre jusqu’au pied du glacier Martial. Les yeux pas bien ouverts? Le sentier mal indiqué? Bref, on finit par monter une bonne partie sur la route, avant de rejoindre le sentier. Une balade le long d’une petite rivière nous mène jusqu’au glacier, avec dîner sur un mirador depuis lequel il y a belle vue. Redescente par… le bon chemin! On s’est appliqués cette fois-ci et on a trouvé. Le temps n’est pas top au retour et il commence à pleuvoir, mais on va quand même se balader au port, sur le bord de mer et dans le village. Au retour, on s’offre un apéro transporté depuis Valparaiso : une absinthe à l’eau du glacier Martial. Honnêtement, comment Olivier a réussi à la garder jusqu’à maintenant? On ne le sait pas! Le tout sera suivi de tagliatelles au saumon/crème, digne des plus grands chefs…

Une nuit de plus dans notre nid, qu’on quitte à regret pour une traversée en zodiac jusqu’à Puerto Navarino : porte d’entrée de la frontière chilienne sur l’Isla Navarino. Et peut-être le plus beau passage de frontière de notre voyage…on y patiente assis dans l’herbe en discutant avec les autres passagers, en attendant qu’on nous tamponne notre passeport! Une fois la chose faite, une petite heure de bus et nous voilà arrivés à Puerto Williams, où l’on trouve une place dans le seul camping du bled. Quand on parle de camping, il s’agit d’une place herbeuse, jouxtée par une maisonnette qui dispose de tout le nécessaire (cuisine, salon commun, douche chaude! et sanitaires). Balade au centre, qui n’est pas bien grand on vous l’accorde, et passage à l’office du tourisme pour quelques informations. Soirée internationale très sympathique, avec les allemands d’Innsbruck Alina et Yan, les hollandais Arno et Charlotte (oui oui), l’australien Tony et les français Celio, Julien et Sébastien, qui ont planté racines ici puisqu’ils sont présents depuis 1 à 2 mois sur l’île!

Le jour suivant, on décide de se lever tôt pour une marche qui devrait nous prendre 10-11h. Réveil à 6h30 et il pleut des cordes… du coup, on repousse la marche au jour suivant! À 8h30, grand soleil lorsqu’on sort de notre tente… on saisit notre chance et on se dépêche pour partir quand même, sachant que le jour se couche vers 22h par ici. Le temps de se lancer, ça s’est déjà gâté… mais on aura droit au yoyo toute la journée entre soleil / pluie / bruine / nuages / grêle / vent… ça nous rappelle les temps islandais connus lors de nos vacances il y a quelques années. Malgré cela, on bénéficie quand même de très beaux points de vue sur les Dientes de Navarino (une chaîne de sommets montagneux)! Début de la marche à travers le village, puis ça monte bien jusqu’au Cerro Bandera, avant de continuer à flanc de montagne entre les éboulis de pierre. Descente par un pierrier jusqu’à la Laguna del Salto où on parvient à se protéger du vent le temps de dîner. Retour par la vallée, en se repérant comme l’on peut dans les marécages et à travers les troncs d’arbre écroulés un peu partout. On boucle la boucle (le jeu de mot est nul : on sait!) en à peine plus de 7h. Défi relevé! Soirée toujours aussi sympathique dans le refuge de Cecilia.

Un jour par mois, un ferry part de Puerto Williams pour se rendre à Puerto Toro, le village habité à l’année le plus austral du monde. Et c’est ce jour-là que ça tombe! On  embarque donc pour deux heures de ferry le matin (sans avoir réservé, mais il y avait encore bien de la place), jusqu’au mini-village du bout du monde… cette fois-ci, on y est!!! 20 habitants à l’année, dont 5 étudiants, de l’école primaire au lycée, il n’y a quand même pas l’université sur place. On rend ce moment encore plus particulier en y ajoutant une éclipse de soleil (partielle) au moment de notre arrivée. Vous avez dit incroyable?! Quelques maisons, une petite église, le tour du village est vite fait et on s’octroie un p’tit café avec biscuit avant le retour en ferry. L’après-midi, Olivier s’en va balader le long de la péninsule pendant qu’Elodie s’offre un moment de lecture dans un café du coin. Dernière soirée à nouveau très sympa, Quinn l’australien a remplacé Tony, mais les allemands sont toujours là et trois chiliens de Santiago nous ont rejoint, ainsi qu’un colombien vivant à Buenos Aires. On a passé des journées et des soirées géniales dans ce p’tit coin de bout du monde. Aucun doute que les personnes présentes et la bonne humeur communicative de la propriétaire Cecilia y sont pour beaucoup!

On quitte l’île en avion, environ 90 personnes à bord, après les aux revoirs à l’équipe. Arrivée à Punta Arenas, partage du taxi pour le centre avec deux filles rencontrées sur le zodiac (vous suivez?) et re-plantage de la tente à notre stamm. Après-midi de glandouille dans les alentours, ça n’a pas été bien productif. Le jour d’après, on se rend en excursion, par ferry, sur l’Isla Magdalena. Notons que ça commence bien, puisque sur le trajet à pied menant au port, on verra un groupe de dauphins nager le long de la jetée à 20m de nous! On s’en va à bord du ferry, bien blindé de monde pour un voyage de 2h dans les eaux patagoniennes. Pour ceux qui ne le sauraient pas, on vous le confie ici, Elodie a été une grande fanatique des dauphins durant toute son enfance. Difficile de vous retranscrire ici son enchantement de petite fille à regarder les nombreux dauphins (austral / de Magellan) qui ont suivi le bateau durant le trajet. Lorsque l’on met le pied à terre, il y a des manchots partout sur l’île! C’est vraiment super et bien pensé, puisqu’il y a un petit sentier balisé et les gens ne s’approchent ainsi pas des animaux. Une heure sur place, qui passe bien trop vite, puis retour en ferry. À nouveau quelques dauphins et… une baleine! On a été chanceux avec les animaux sur cette fin de Patagonie, c’était vraiment génial. Lorsqu’on rejoint la terre ferme, il pleut des cordes et c’est rien de le dire… un peu au culot, on s’engouffre dans un taxi à la suite d’un couple, finalement tout content de partager sa course.

Une dernière journée à Punta Arenas où on n’a pas été à nouveau d’une grande productivité. Déjeuner, démontage de la tente et rangement de nos sacs nous occuperont une bonne partie de la matinée. On part refaire un tour en ville pour se dégourdir les jambes, avant les aux revoirs à Eduardo (on a réellement rencontré de belles personnes durant cette fin de parcours et ça fait chaud au coeur!) et de rejoindre l’aéroport en taxi avec un chauffeur bien loquace et pas avare de points de vue sur à peu près tout, mais très sympa. On a bien rigolé pendant ces quelques minutes! On s’envole jusqu’à Santiago, la capitale du Chili, qu’on rejoint peu avant minuit. Elle constituera notre dernière étape chilienne… et c’est sur quelle devrait nous réserver encore plusieurs belles surprises avant de quitter le pays.

El Calafate, Puerto Natales

Depuis El Chaltén, trajet en bus jusqu’au village touristique d’El Calafate, toujours du côté argentin. Bon, on va pas se mentir rien de particulier à y faire, si ce n’est l’excursion pour aller voir le glacier Perito Moreno. Du coup, dès notre arrivée on se plonge dans la planification de notre expédition! Du soleil est annoncé pour deux jours après… on se dit qu’on arrivera bien à tuer le temps pour une journée, et on prend directement notre billet de bus pour nous rendre au célèbre glacier. Le soir, on passe un beau moment à parler voyage avec un couple de français de 55 ans env. qui a vadrouillé un peu partout sur la planète : à vélo, à pied, en bus, en bateau, avant/avec et maintenant sans les enfants (devenus grands). Là, même si on s’en rendait déjà bien compte, on s’est dit qu’on en avait encore pleins des choses à découvrir et des aventures à vivre!

Avant de se plonger dans le monde glacé « en vrai », on s’est offert une visite au Glaciarium, le musée de la glace. Visite très sympa, mais on doit avouer avoir trouvé l’entrée un poil chère pour ce qu’on y a vu (près de 20.-)… à part ça, on a profité de se balader un peu dans les rues et assisté à un concert en plein air dans l’amphithéâtre de la ville pour la Fiesta del Lago. On ne savait pas qu’on se trouverait sur place à ce moment-là, et il s’avère que c’est « the place to be » pour les habitants des alentours. C’était une chouette expérience, mais le sommeil léger d’Olivier en camping n’a pas vraiment supporté les rentrées tardives et bruyantes de nos voisins…

Expédition au Perito Moreno, on part en bus depuis le village pour rejoindre ledit glacier, sans oublier un passage préalable à l’entrée du parc national où l’on s’acquittera de notre droit d’entrée. On nous dépose au parking où l’aventure peut débuter, en version édulcorée et tranquille… de longues passerelles de bois permettent de rejoindre progressivement les flancs du glacier en bénéficiant de superbes points de vue depuis les différents miradors. Ce qu’on retiendra de ce moment? L’approche progressive qui nous a fait nous exclamer tous les 50 mètres « mais c’est trop beau! », les reflets bleus de la glace, l’imposance de ce monstre (5km de large, pour 50 à 70m de hauteur dans le lac), le fracas des morceaux se détachant du glacier pour se jeter dans le lac et dériver ensuite nonchalamment dans l’eau… on ne saurait rien ajouter de plus, si ce n’est qu’on a ADORÉ! Pour des fans de nature et de beaux paysages, on peut dire qu’on en a pris pleins les mirettes! Retour au village de la même façon, plongés dans nos pensées et congelés… parce que ça caillait vraiment.

Le jour suivant, balade au bord du lac. On pensait pique-niqué au bord de celui-ci à midi, mais c’était sans compter sur l’odeur nauséabonde de celui-ci qui nous a rapidement  fait fuir. On a trouvé refuge sur la tourelle supérieure du château d’une place de jeux… puis dans un café pour y déguster un « sous-marin ». En fait, un verre de lait chaud, avec une branche de chocolat dedans! Le soir, nouveau bus pour rejoindre Puerto Natales au Chili. On vous évite les détails, mais les passages de frontières sont toujours plus compliqués dans le sens Argentine => Chili que l’inverse. Cette fois-ci encore, on a eu droit à une fouille complète de nos affaires et à un scannage de tous nos sacs aux rayons X. Notre chauffeur a bien détendu l’atmosphère avec ses conseils avisés « si quelqu’un détient sur lui une quelconque drogue – marijuana, cocaïne, etc. -, merci à lui de bien vouloir la garder dans sa poche…. ça évitera que tout le monde doive patienter deux heures pour qu’il retrouve le propriétaire ». On a compris plus tard qu’il parlait en connaissance de cause! Arrivée bien tardive du coup, mais on trouve un emplacement dans le camping du bled. Vu qu’on est passés pros dans le montage de notre tente, même de nuit, ça s’est fait comme sur des roulettes!

Premier jour sur place à Puerto Natales. Un dimanche et une grande partie des commerces/restaurants est fermée, du coup c’est assez mort il faut dire… on se balade un moment, jusqu’au bord de l’eau, on boit un café et surtout, on réfléchit à ce qu’on a envie de faire ici. Hé oui, c’est la ville depuis laquelle on accède au parc national del Paine, qui héberge les fameuses Torres del Paine. On ne vous cachera pas plus longtemps ce que l’on pense de l’endroit… une arnaque pour « touristes » et, comme nous l’ont justement fait remarquer certaines personnes, un parc commercial plus qu’un parc national. Initialement, on avait envie de réaliser un trek d’une semaine environ dans ce massif montagneux. Il était nécessaire de réserver les hébergements (même en camping), chose que nous n’avons pas pu faire car tout était complet, bien que nous nous y soyons pris au mois de décembre. Il faut savoir qu’il y a des campings gratuits, assez limités, et que les autres, qui sont payants, sont parmi les plus chers du pays. Bref, impossible de trouver les lieux pour poser notre tente de façon cohérente et normale pendant ces quelques jours de trek dans la nature. 

On envisageait de boycotter l’ensemble, mais c’est quand même de très beaux paysages et on a fini par craquer. On pensait prendre une excursion pour aller voir uniquement les glaciers, mais les photos montrées ne nous ont pas beaucoup convaincu… on a donc changé et on s’est offert un tour avec une agence pour une visite générale du parc le lendemain.

Au lever, mauvaise surprise, puisque le ciel est couvert et tout gris, avec même un peu de pluie. On s’en va direction le parc, avec l’espoir que ça s’améliore durant la journée… plusieurs miradors devaient nous permettre de bénéficier de jolis points de vue sur les Torres, sur d’autres montagnes célèbres du massif, de jolies lagunes et quelques glacier. On a eu de la chance par deux fois durant ce jour : la première en apercevant au loin un puma durant presque une minute et, la deuxième, quand les nuages ont commencé à se dissiper et à laisser apparaître le soleil, et du coup les montagnes aussi! Notre appareil photo avait décidé de ne pas fonctionner ce jour-là, mais c’est seulement dans le bus qu’on s’en est aperçu…. On a quand même immortalisé quelques instants avec le téléphone, par contre pas de preuve du puma. Faudra nous croire sur parole! C’était au final une belle journée, en excursion certes, mais on a quand même eu du plaisir et vu de chouettes paysages. On a regretté la complexité du système mis en place pour réaliser un trek, les prix prohibitifs de l’excursion et de l’entrée dans le parc (30.- par personne), ainsi que partout en ville… c’est tellement touristique qu’on a juste l’impression d’être des machines à fric. La nature et les paysages alentours sont exploités uniquement pour rapporter de l’argent et ce n’est pas exactement la conception que nous en avons. Ce n’est bien sûr pas le seul endroit que nous avons visité qui fonctionne ainsi depuis le départ, mais celui où nous avons ressenti ce sentiment le plus fort.

Ce jour-là, on a connu aussi la cuisine la plus sale qu’on ait jamais vu… imaginez une soirée organisée par 5 jeunes dans une pièce de 5m2 jusqu’à 5h du matin… et multipliez tout ça par 10… voilà un petit aperçu (tout petit) de ce qu’on a trouvé au réveil! Le jour d’après, on reprenait un bus en début de journée pour se rendre jusqu’à Punta Arenas et nos ultimes périples chiliens/argentins. On y reviendra tantôt! 

Esquel, El Chaltén

Nous voici de retour en Argentine… les traversées de frontières se succèdent et ça va continuer! Comme on est à Esquel en milieu de journée, on profite de notre après-midi sur place pour grimper jusqu’au sommet d’un mirador surplombant la ville d’où l’on a aussi une vue dégagée sur les alentours. On est maintenant des adeptes du camping, donc, comme vous l’aurez compris, c’est de nouveau là qu’on passera une nuit!

Pour la journée du lendemain, on s’est dit qu’au lieu de repartir directement, on allait profiter de faire une autre balade dans les alentours. On rejoint ainsi la Laguna Zeta par un chemin blanc où ne passent que quelques voitures. Et là, en arrivant, ce qu’on remarque tout de suite, c’est le silence… ça doit faire des semaines qu’on n’a pas été dans un endroit calme et reposant comme cela. Même dans la nature, il y a toujours un bruissement de feuilles, le clapotis de l’eau ou le bruit du vent dans les arbres (et là, on ne mentionnera même pas les endroits où l’on dort ou les moyens de transports)… qu’est-ce que ça faisait du bien ce moment de calme! Après avoir pique-niqué, on a juste profité de l’instant présent et du paysage avant de redescendre en fin d’après-midi. Le bus n’attend pas et vu qu’il s’agissait du plus cher payé depuis le début de notre voyage, pas question de le manquer. 20h de route, un souper, un film… heu, spécial…, une nuit à bord, pleins d’animaux au bord de la route (guanacos, renards, autruches, lièvres, etc.) et nous voilà à El Chaltén.

Il s’agit de l’un des endroits les plus fameux d’Argentine, tant pour les randonnées que pour l’escalade et les amoureux de la nature. Comme il se doit, on prévoit d’y passer plusieurs jours! Le camping étant toujours la règle, on plante notre tente dans un lieu repéré dans notre guide, avec cuisine et réfectoire à disposition. Ça va s’avérer bien utile au vu des conditions météo ici, où le vent ne semble jamais faiblir, sauf pour mieux se démonter quelques secondes plus tard. La tente a été arnachée comme il se doit, de tous les côtés, plus de sardines à disposition. Le premier après-midi, on repère les lieux, avec une visite à l’Office du tourisme (où on n’apprendra rien de bien intéressant) et une autre au bureau des guides du parc. Un petit point météo nous fait espérer du beau temps pour les prochains jours, mais toujours avec ce satané vent! On aura également le privilège d’apercevoir en vitesse un tatou, tellement rapide qu’il n’a pas pu être immortalisé, c’était vraiment rigolo. On soupe le soir avec Paul et Chloé, qui repartent le lendemain (relisez les articles precedents si vous voulez savoir où on les a déjà rencontrés!).

Première journée : sentier jusqu’à la Laguna Torre (mirador Cerro Torre)

Temps un peu couvert, du coup on décide de se lancer dans la marche qui bénéficie « des points de vue les moins impressionnants ». Elle monte depuis le village directement (comme toutes les autres… ça c’est top!), avant d’atteindre un mirador d’où l’on a théoriquement une vue panoramique sur le Cerro Torre. Pas de bol, quelques nuages d’altitude sont bien présents et ce sera le cas tout le jour. Suite de la marche dans le fond d’une vallée, que l’on remonte jusqu’en haut, au bord d’un lac de glacier au pied des tours. Le glacier « en tiramisu », selon l’idée de Chloé, est bien dégagé et on profite d’une vue sur celui-ci, en restant cachés partiellement derrière des rochers. Un vent à décorner les boeufs… s’il y en avait! Retour par le même chemin.

Deuxième journée : sentier jusqu’au Lago de los Tres (mirador Fitz Roy)

Temps magnifique au réveil, pas un nuage à l’horizon. Aujourd’hui, ce sera le plus beau point de vue sur, excusez du peu… le Mont Fitz Roy! Excités comme des puces, on s’élance à l’assaut de la première montée, qui nous mène à un mirador à la vue époustouflante! On continue par un plateau, avant d’attaquer la vraie montée de la journée… qui nous laissera trempés en arrivant en haut et les yeux ébahis devant ces tours granitiques de 1500 mètres de haut (altitude au sommet de 3405 m). On a déjà dit que c’était impressionnant? ! Pique-nique abrités, car ça caillait pas mal, en zieutant les tours et les lacs turquoises à leurs pieds. Le temps semblant resté au beau, on décide de prendre un chemin de traverse pat les Lagunas Madre y Hija pour retourner au point de vue du jour précédent… le vent aura malheureusement été plus rapide que nous et a déjà ramené les nuages avec lui à notre arrivée, mais on ne perd pas espoir pour les prochains jours! Histoire de se remettrede nos émotions, quelques chocolats délicieux et surtout un chocolat chaud fin bon!

Troisième journée : diverses balades aux alentours du village (miradors de los Condores / de las Aguilàs, chute d’eau)

Il a plu finalement une bonne partie de la nuit et ça continue au réveil… comme il n’y a franchement pas grand-chose d’autre à faire par ici (on est réalistes), on décide d’aller se balader et de faire les petites balades autour du village. Premières marches jusqu’à deux miradors, Condors et Aigles, avec la chance de voir quelques condors voler au-dessus de nos têtes et une jolie vue sur la vallée de l’autre côté du village et des montagnes. Hé oui, même un jour de nuages, on parvient à trouver du ciel bleu. Ça se dégage en milieu de journée pour aller voir une chute d’eau à quelques kilomètres. Tant et si bien, qu’en revenant au village, Olivier décide de remonter aux miradors du matin pour profiter de la vue… pendant qu’Elodie partait s’offrir un chocolat chaud en bouquinant Harry Potter (la gourmandise, bien qu’étant un des péchés capitaux, ne disparaît pas comme ça!)

Quatrième journée : sentier de la Loma del Pliegue Tumbado

Dernière journée, avec la marche la plus ardue. À nouveau de jolis points de vue, mais d’ensemble cette fois-ci, sur les sommets du Cerro Torre et Fitz Roy, ainsi que sur les vallées alentours. Les nuages sur les sommets sont de retour en cours de matinée et lorsqu’on atteint le but ultime en haut de la montagne, on ne voit plus grand-chose. Mais le lever de soleil sur le Fitz Roy, avec unréveil bien tôt, compense cette petite déception de ne pas être arrivés à temps!

Ça a été des journées superbes, dans un environnement magnifique! Le temps n’a pas toujours été au top, ça fait partie du jeu et on peut s’estimer heureux avec ce que l’on a vu… certains repartent bredouille (= sans aucune vue sur les sommets), ceci même après plusieurs jours sur place. On développera un peu plus par la suite sur le sujet, mais on a apprécié que ce soit encore un parc naturel avec de fabuleux endroits à des prix encore décents pour des voyageurs au long cours et des passionnés de montagne, de nature et de beaux paysages. Vous verrez dans nos prochaines nouvelles que certains endroits ressemblent bien plus à un Disneyland pour les porte-monnaie bien garnis… On vous embrasse fort!

Junin de los Andes, San Martin de los Andes et Bariloche

​Notre séjour à Pucón est suivi par un changement de pays. Passage de la frontière pour se rendre en Argentine sans problème (à part Olivier qui s’est fait remonter les bretelles par le douanier car il avait perdu sa carte de l’immigration reçue à l’entrée sur le territoire chilien), sous les flancs du volcan Lanin cette fois-ci. Initialement, on avait prévu de descendre jusque tout au Sud de la Patagonie par le Chili et de remonter ensuite par l’Argentine. Mais les prix argentins ont fortement flambé ces dernières années en raison d’une importante inflation. Les prix sont pratiquement les prix « européens » et du coup, ça revenait un peu trop cher. On descend donc principalement par le Chili et, de temps en temps, on réalise des virées argentines quand les endroits nous plaisent.

Notre première « vraie » étape argentine (on a déjà foulé le sol à Buenos Aires…), se fait à Junin de los Andes, que l’on rejoint en quelques heures de bus. Arrivés un dimanche, les rues sont bien calmes et l’ambiance un peu morne, on trouve une place dans un camping situé sur une petite île entourée de rivières. Le but de notre arrêt ici est de profiter de la proximité du Parc Lanin pour aller s’y balader. Il est proche, mais finalement difficile d’accès lorsque l’on n’est pas motorisés… du coup, on devra dormir une nuit sur place parce que les bus pour s’y rendre n’avaient pas des horaires aller-retour permettant une marche à la journée. On y a dormi dans un camping tenu par une famille Mapuche, l’une des tribus originelles peuplant ces terres avant l’arrivée des colons espagnols. Un p’tit coin génial, au bord d’un lac, tout calme! Vraiment chouette, mais on n’a pas eu tellement de chance avec le temps, puisqu’à notre réveil, le ciel était tout noir, avec des nuages bien bas. Impossible de voir la cime du volcan… et on était parti pour faire la marche jusqu’à la base de celui-ci. On décide de se lancer quand même pour cette marche de 9h (selon les panneaux), 7h (selon le garde du parc)… et finalement 6h (le temps qu’on a réalisé pour l’aller-retour, avec pauses). Quelques minutes de ciel bleu nous ont permi d’apercevoir le sommet un instant et on a encore pu le voir en redescendant au bord de l’eau, puisque tout s’est dégagé d’un coup. Après récupération de notre matériel de camping, retour en bus à Junin pour une nuit de plus dans notre camping insulaire.

Le jour d’après, on se rend jusqu’à San Martin de los Andes à 1h30 de route. Dépôt de notre fatras au camping, un peu moins bucolique car situé à côté de la route principale, et on se lance dans une tournée des agences de location de voitures. On trouve notre bonheur pour les deux prochains jours, afin d’aller se balader dans la région des lacs et parcourir la célèbre « Ruta de los Siete Lagos » (=Route des sept Lacs). Fin de journée à se promener dans les rues du village qui regorgent de boutiques de vêtements de sport. Et le soir!? On mange une fondue, accompagnée d’un bon verre de vin pour fêter nos 1 an de voyage… que le temps file!!!

Départ pour la Route des sept Lacs pendant deux journées. On parcourt de très beaux paysages, semés de lacs aux eaux d’un bleu limpide et entourés d’une végétation nous rappelant, parfois, le pays helvète. On se balade, on s’arrête un moment regarder la vue, on continue un bout, on grignote quelque chose, tranquillou! Une nuit en camping au bord du Lago Traful avec une jolie vue, tout simple, un peu en pente, avec un brin de lecture les pieds dans l’eau en fin de journée et un feu pour se réchauffer le soir… sans oublier une bonne douche chaude le matin avant de repartir. Même programme le jour suivant, mais comme on a un peu de temps, on va jeter un oeil à Bariloche (même si on y retourne le lendemain) et à la Colonia Suiza située à quelques pas. Un peu déçus par l’endroit, nous qui pensions pouvoir y déguster une spécialité suisse. Au retour, on profite de s’arrêter au camping que l’on nous avait recommandé pour réserver un emplacement pour le jour d’après. 
Retour rapide en direction de San Martin et une nuit dans un camping (entourés de moutons) juste avant d’arriver au village. La jour suivant, reddition de la voiture (après un rapide p#%@& de changement de pneu – 10 min – car l’un était crevé mystérieusement à notre réveil), puis retour en bus cette fois-ci à Bariloche. On vous épargne notre avis sur les transports en commun du lieu, mais on vous dira juste qu’on a marché avec tout notre matériel les 7 kilomètres menant au camping. On sympathise avec nos voisins de tente, Victor et Mathilde, qui terminent le lendemain leur séjour en Amérique du Sud après 5 mois de vélos. Et du coup, on arrose cela d’une bouteille (d’eau?!).

Premier jour à Bariloche, la suisse Argentine comme elle est est surnommée : le chocolat, les Saints-Bernard, les paysages ou les prix!? Ça doit être un peu de tout… On commence par grimper en haut du Cerro Campanario, depuis lequel on jouit d’une superbe vue à 360° sur les alentours et sur le tortueux lac Nahuel Hapi. On redescend pour se rendre ensuite sur la péninsule Llao Llao où on se baladera jusqu’en fin d’après-midi. Surprise à notre retour au camping… On tombe par hasard sur Paul et Chloé, qu’on avait vu lors d’une expédition à San Pedro de Atacama et croisé 5 min. à Valparaiso. Ce sera grillades pour tout le monde du coup!

Le lendemain, on prévoyait une journée tranquille, à glander un peu sur la plage et à se balader au village. On laissera la première partie de programme de côté, car le vent et le froid rendent la chose impossible. On se rabat sur une visite du centre, un café bien chaud dans la rue piétonne et l’achat de quelques chocolats qui nous faisaient vraiment de l’œil. Soirée similaire que le jour précédent… Olivier est content : le feu est beau, les braises sont chaudes, la viande est excellente et la compagnie sympa!

Réveil aux aurores, 5h30 quand même (qu’on vienne encore nous dire que les voyageurs sont des glandeurs!), pour prendre notre bus via Puerto Montt, et retour au Chili. Autant pour venir en Argentine, ça s’est passé rapidement, autant cette fois-ci ça a pris du temps. A notre arrivée à la frontière chilienne, le bus a été contrôlé de fond en combles par les chiens anti-drogues et anti-produits frais (interdiction d’importer fruits, légumes, etc.), ainsi que toutes les bagages. On est finalement arrivés à destination avec un peu de retard et une surprise, à nouveau, nous y attendait!

Buenos Aires

​Départ de notre vol depuis Auckland à 20h30 le 6 octobre direction Buenos Aires en Argentine. Après un vol de 11h environ, on y arrive à 15h30… le 6 octobre! On vient de vivre la journée la plus longue de notre vie, puisqu’avec les décalages horaire, elle aura duré près de 40h.

Une fois sur place, on récupère nos bagages et on prend un bus local pour le centre-ville. On s’est même fait offrir le trajet par un jeune, car il faut normalement une carte préchargée pour pouvoir payer… qu’on n’avait pas, évidemment! 30km parcourus en 2h30, nous mènent à 5min de marche de notre hôtel. On dinera finalement dans le bistrot juste en face, la fatigue nous faisant renoncer à nous rendre plus loin. On a eu de la chance, parce que c’était extra et dans une ambiance très sympa! 

Après une nuit peu reposante sur un lit minuscule, grinçant, à ressorts et creux au milieu… on laisse nos bagages à l’hôtel pour partir en excursion à la journée. Sans plan et avec seulement une brève recherche le soir d’avant sur internet pour repérer les lieux à voir. Déjeuner au coin de la rue (on a quand même changé de crèmerie) et départ pour une journée de marche bien chargée. 

On a commencé par un tour près du Puerto Madero, l’ancien port marchand. Les bâtiments y ont été ré-habilités et de nouveaux construits, mais les anciennes grues de déchargement ont été conservées. Sur place, on trouve un guichet d’informations où l’on pique un plan et se renseigne sur l’accès au quartier de la Bocca. On a lu le soir d’avant qu’il pouvait y avoir quelques risques de se faire détrousser… en suivant les grosses artères et en n’y étant plus à 16h00, cela ne devrait pas être un problème nous dit-on… du coup, on y est allés directement à pied… et au final sans encombres! Même si le long du trajet on a remarqué un changement d’ambiance au fur et à mesure que l’on avançait. On a vu de jolies rues colorées, dont la très connue Caminito… et ensuite on est revenus par le même chemin. Suivra une bonne trotte en ville en passant par le quartier populaire de San Telmo (où l’on a dormi), qui nous a menée vers : la Plaza Mayo, la Casa Rosada, el Congresso et la Floralis Generica. Le tout suivi d’un retour en marchant rapidement, puis en courant même jusqu’à l’hôtel pour chopper nos sacs et le mini-bus pour l’aéroport. C’était un poil juste! 

Sentiment mitigé pour notre part quant à cette ville… on y a apprécié l’architecture des très beaux bâtiments mais pas tellement l’ambiance où l’on ne se sentait pas à notre place et où on nous l’a fait comprendre. C’est la première fois depuis le début de notre périple que l’on s’est fait inspecter pareillement des pieds à la tête et que l’on s’est fait menacé (par un enfant caïd!) car on ne voulait pas lui donner de l’eau. Bref, on a vu, mais cela ne nous donne pas l’envie d’y retourner…

Et maintenant, place à notre première vraie visite de pays sud-américain, puisque le vol nous emmène en Bolivie. A très bientôt!