Faune et flore

Et voilà le petit dernier d’une longue série…

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Baracoa et La Havane (retour)

Arrivée à Baracoa par le bord de mer, d’où surgissent d’énorme vagues qui s’écrasent sur la chaussée… ambiance! On l’a appris seulement pendant notre séjour sur place, mais cette partie de l’île a été durement touchée par un cyclone en octobre dernier, et il y en a encore de nombreuses traces : palmiers déracinés ou sans feuilles, toits arrachés, façades de maisons éventrées… une nouvelle fois un bien triste spectacle! C’est assailli par les bici-taxis qu’on parvient à sortir du terminal du bus pour se rendre à la casa appelée depuis Santiago. Il s’avère qu’elle est finalement complète (pour changer…), mais qu’on peut dormir chez des amis de l’autre côté de la route. Ça fera l’affaire aussi… comme la spécialité du cru c’est le chocolat, on ne se prive pas de s’offrir un chocolat chaud bien consistant lors de notre balade au centre. Il sera suivi d’une petite bière et d’un malta (le soda cubain, à base de malt), puis d’un souper dans un mini-restaurant au bord de l’eau.

Le jour d’après, on a de la chance pour notre journée dans le parc national Humbolt. Ça fait une semaine qu’il pleut tous les jours, mais ça s’est enfin arrêté, ce qui nous permettra de traverser avec le véhicule les différentes rivières. On part avec notre groupe, composé d’une allemande et d’un couple américain avec son vieux (très vieux) chien. Après plusieurs traversees et même une remontée de rivière avec la voiture, on nous dépose au départ de la marche. 7km, accompagnés par notre guide, ou l’on aura l’occasion de voir de nombreuses variétés d’arbres et d’oiseaux, dont le fameux tocororo, l’un des emblèmes de Cuba (il a les mêmes couleurs que le drapeau, rouge-bleu-blanc). En chemin, les inévitables stands de ravitaillement et souvenirs nous permettront de nous désaltérer d’une eau de noix de coco, et de la pulpe. On dîne au bord d’une petite rivière avec nos sandwichs, en admirant un colibri butiner de fleur en fleur! Fin de la balade, où cette fois-ci les passages de rivières se font à pied nu (ou en char à boeufs pour ceux qui ne voulaient pas se mouiller les pattes). A l’arrivée, un gâteau chocolat et un autre orange / gingembre pour se remettre d’aplomb après nos longues attentes du jour. Le vieux chien l’était tellement qu’il devait régulièrement être porté dans un sac à dos par ses maîtres, lesquels n’étaient pas vraiment « agiles »! Sur le chemin du retour, on s’arrête une heure à la plage pour un peu de baignade dans une mer bien agitée… et bronzer un moment sur la plage, entre les divers assauts des vendeurs ambulants. À notre retour, on va boire un verre de jus d’ananas frais dans une gargote, une merveille, puis on soupe dans la casa. Au menu!? Langouste et poisson au lait de coco, l’une des spécialités de Baracoa… que l’on ne peut que recommander, vu qu’on a adoré!

Le lendemain, c’est déjà le moment de retourner à La Havane… mais avant cela, nous attendent 18h00 de bus. Départ à 9h du matin, quelques arrêts à gauche à droite et une panne en fin d’après-midi, qui nous fera perdre deux heures sur l’horaire. Personnellement, ça nous arrange bien, parce que du coup on débarque à La Havane à 6h00 du matin (au lieu de 4h00 initialement prévu). C’était plus sympa d’être dans le bus que d’attendre le lever du jour dans le terminal sur une chaise en plastique. On ne peut pas dire qu’on a été au chaud pendant le trajet, puisque la climatisation enclenchée à fond les manettes ne devait pas être à plus de 12°. Vestes polaires et écharpes de rigueur! Faute d’avoir autre chose à faire, on part à pied jusqu’à la casa (si rappelez-vous, on avait réservé une nuit pour notre retour) que l’on rejoint vers 7h15, après divers flattages de chiot et chats sur notre passage. On peut déjeuner sur place, mais les chambres ne sont pas encore disponibles. Donc, après une rapide toilette, on s’en va errer dans les rues du centre-ville, passant de terrasse en terrasse et s’échouant de place en place. 

La fatigue est là car malgré notre grand entraînement des derniers mois, on n’aura jamais réussi à bien dormir dans les bus. Début d’après-midi, on retourne prendre possession de la chambre et s’octroyer une petite sieste! On passera notre dernière soirée cubaine dans un bon restaurant et à se balader dans les rues au son de la musique locale!
Jour d’adieu à Cuba, après un dernier buffet gargantuesque… On s’en est mis plein la panse! Un taxi vient nous chercher pour aller jusqu’à l’aéroport. On est contents, puisqu’il s’agit en l’occurence d’une vieille américaine, cette fois-ci en bon état. C’est à partir de là qu’on a eu quelques ennuis. Absorbés par d’autres choses et sans connexion Internet à Cuba, on a complètement zappé qu’il fallait un visa pour les Etats-Unis, notre dernière escale (bon, encore maintenant on a un doute…). Au guichet d’enregistrement, on nous demande de patienter sur le superviseur, le seul à savoir ce qu’il faut faire… On vous passe tout l’intermède, les allers-retours jusqu’au bureau de la compagnie, au centre d’informations, à l’administration de l’aéroport… mais au bout d’un moment, on perd patience à attendre cet homme-invisible (qui ne viendra jamais) et on se renseigne ailleurs : tout bêtement, on peut compléter le formulaire sur Internet! On trouve refuge dans le bureau d’une autre compagnie aérienne que la nôtre, bien plus sympa, mais c’est trop tard pour notre vol à destination de New York (OUI!!!!!!!). On nous replace sur un autre vol avec escale à Atlanta. Tout rentre finalement dans l’ordre, après quelques estomacs noués et des sueurs froides…

En dehors de tout cela, on garde un sentiment un peu mitigé par rapport à notre visite en terres cubaines. On a trouvé les gens peu sympathiques, en tout cas pour ceux que nous avons côtoyé, par choix ou par obligation. On n’a fréquenté finalement que des personnes du tourisme (ou presque), mais on ne repart pas du pays enthousiasmés par nos contacts humains et on a trouvé cela vraiment dommage. Nous avons trouvé également le pays assez cher pour les voyageurs que nous sommes. En effet, dès que la prestation touche de près ou de loin au tourisme, les prix sont multipliés par 20 ou parfois même plus. Difficile donc de ne pas se sentir « pigeonné » tout au long de la journée… Par contre, on a adoré cette ambiance figée dans le temps tellement particulière au pays, avec ses vieux véhicules et ses magnifiques immeubles coloniaux de toutes les couleurs. On a aimé le charme des bourgades un poil moins touristiques, les jolies rues pavées de Trinidad et les églises de Camaguëy. Les paysages étaient également superbes dans la région de Viñales et de Baracoa! 

Camaguëy et Santiago de Cuba

En début de journée, on quitte la casa de Sara pour se rendre au terminal des bus. Quelques heures de trajet depuis Trinidad nous emmènent jusqu’à la ville de Camaguëy, surnommée la ville des églises (elle en compte 9). En arrivant, on se rend dans la casa réservée le jour d’avant… comme il n’y a plus de place, on ira finalement dormir chez le fils! Petite balade au centre pour terminer la journée, avec un verre dans un bar et un souper dans une pizzeria! 

On visite un peu mieux le jour d’après en partant à la découverte des différentes églises, en passant de ruelles en ruelles et de places en places. L’ambiance est très sympa et bon enfant, moins de touristes aussi et on a l’impression que les gens sont du coup un peu plus ouvert. On a discuté un bon moment avec un jeune étudiant dans le tourisme sur une place. Il a absolument voulu qu’on lui traduise la phrase que lui avait dite une touriste allemande : « Du bist schön! »… son sourire en disait long ;o) On a grignoté un p’tit truc à midi sur une placette du centre, puis retour à la casa pour reprendre possession de nos affaires. C’est à pied qu’on se rend à nouveau au terminal des bus… ce dernier arrive finalement avec 1h30 de retard sur l’horaire et c’est à 17h00 qu’on lève enfin les voiles. En arrivant à Santiago de Cuba, on était bien contents d’avoir réservé une nouvelle fois en avance. Nos hôtes ont pensé qu’on avait décidé de ne pas loger chez eux… c’est sur que quand on sonne à 23h00, il y a de quoi se poser des questions!

Nuit bien reposante, l’endroit où l’on dort est très calme et, comme toujours, un copieux petit-déjeuner. On soupçonne qu’il y ait un « déjeuner-type » à respecter pour les personnes ayant le papier pour gérer une casa particular… c’est toujours la même chose : café, lait chaud, jus de fruits frais, pain, beurre, confiture et oeufs, au minimum (quelques ajouts suivant les endroits). Du coup, ça nous permet de faire un petit dîner pour tenir jusqu’au soir! Une lessive s’impose… On n’en a pas tellement parlé, généralement on lave tout à la main, avec un lavage en laverie de temps en temps. Et ça a toujours plutôt bien fonctionné, seulement 2 pertes à signaler! Après cela, on part à l’assaut du centre-ville, jusqu’à la Plaza Céspedes, le coeur de la ville, surplombée d’un côté par la Cathédrale, d’un autre par le Museo Diego Velasquez (qui n’est autre que son ancienne demeure et la maison coloniale la plus ancienne de Cuba) et encore par le bâtiment depuis lequel Fidel Castro annonça officiellement la victoire de la révolution le 1er janvier 1959. Balade le long de la rue piétonne Enramadas où l’on assiste à des parties disputées de dominos! On termine par une visite peu nécessaire au musée du rhum (les musées ici… bof!), avant d’aller dans un magasin de la célèbre marque Havana Club. Bien qu’elle soit commercialisée partout dans le monde, c’est aussi la marque phare du pays. On y dégustera des mojitos, concoctés par un jeune barman, troisième d’un concours de préparation de mojitos au niveau national… et qui n’aura pas besoin de se faire prier pour nous raconter pleins de choses sur le rhum. On profite également de faire quelques emplettes pour des souvenirs, avant de souper dans un sympathique restaurant. À noter qu’on avait au préalable renoncer aux services de deux « jineteros » (les rabatteurs locaux, alors que les « jineteras » – filles – sont des cavalières ou escort-girl pour parler franchement) qui nous proposaient des restaurants à touristes où, après avoir vu la carte, on peut confirmer que c’est 5 à 10 fois plus cher qu’ailleurs!
Ça commence de la même façon pour ce deuxième jour, on repart se balader en ville avec comme objectif une visite du Museo del Cuartel Moncada. C’est un lieu historiquement important pour Cuba, puisque c’est ici qu’a eu lieu le premier mouvement insurrectionnel qui allait mettre en marche la révolution cubaine… même si cet épisode s’est terminé tragiquement puisqu’il y a eu plus de 60 morts du côté des rebelles. Les impacts de balles témoignent de la violence des combats. L’endroit est aujourd’hui une école, en plus du musée. Au retour, on s’arrête dans une glacerie locale où on sert les boules de glace avec une tranche de cake pour… 5 centimes! Quand on vous dit qu’il y a une économie à deux vitesses… En passant par les quartiers populaires, on rejoint le cimetière Santa Ifigenia, où repose notamment le corps de Fidel Castro et de nombre d’autres membres de la révolution (la tombe de Ernesto « Che » Guevara est quand à elle située dans la ville de Santa Clara – non-visitée). Retour en ville, harcelés amicalement pour une fois par les bici-taxis qui nous voient marcher. Un cocktail en terrasse, on profite du bon temps, puis retour à la casa pour vous peaufiner nos reportages, dans l’attente du souper.

Trinidad

Le premier aperçu de la ville nous laisse émerveillés… des ruelles joliment pavées, des maisons coloniales de toutes les couleurs, de la musique à gauche à droite. On part tout de même en quête d’une casa avant de s’égarer dans nos découvertes : chou blanc dans la première, on trouve notre bonheur à la seconde, même si on devra passer la nuit no 1 chez une amie. On profite de la belle lumière de fin de journée pour se balader un moment au gré de nos envies, avant de souper dans un boui-boui pour pas grand-chose, mais c’était vraiment moyen. C’est assez difficile de trouver des endroits où manger pour que ce soit bon, pas blindé de monde et, surtout, à un prix décent.

Après le transfert de nos bagages à la « bonne » casa et après un déjeuner de luxe, avec pancakes, pain, fromage, jambon, fruits, oeufs, etc., on part réserver nos prochains billets de bus. Tout est plein pour les deux prochaines journées au départ de Trinidad… sauf pour la destination que nous avons élue! Cet épisode chanceux fait place à une visite des bureaux de la police pour le dépôt de notre plainte pour le vol, aucun arrangement n’ayant pu être trouvé avec les propriétaires et les personnes travaillant dans la maison (et on vous assure qu’on a utilisé tous les arguments « menaçants » en notre possession)… On est bien conscients qu’il y a très peu de chance que l’on récupère quoi que ce soit, mais on ne peut pas laisser passer ça! Un policier zélé, un rapport complet en espagnol et 2h plus tard (oui!!), nous voici ressortis pour un tour en ville. Hormis le centre, qui possède un grand charme, on s’est baladés dans les quartiers un peu plus à l’extérieur où c’est aussi très intéressant. Une grimpette suivra jusqu’au mirador surplombant la ville, puis on se ré-hydrate à coup de cocktails, sur une terrasse au son de la musique cubaine! Si c’est pas la classe… Souper à la casa, soupe de haricots/beans, riz/poisson/salade et flan en dessert : c’était délicieux et copieux. Une petite virée nocturne en ville pour terminer cette journée, avec piña colada de rigueur. 

On s’éloigne de la ville pour ce second jour et on part en excursion pour la Valle de los Ingenios, historiquement connue pour être l’un des berceaux originels de la canne à sucre cubaine, qui sert à la préparation du rhum. C’est notre hôte du premier jour qui sera notre chauffeur/guide, il possède un taxi et propose des visites pour leurs clients. Un couple de français rencontré quelques minutes plus tôt sur une placette se joint à nous pour la matinée. Départ jusqu’à un mirador depuis lequel on jouit d’une vue sur toute la vallée, puis on s’arrête à l’ancienne exploitation sucrière de San Isidoro dont il ne reste que des ruines. Une visite guidée nous renseigne sur la vie des esclaves et le fonctionnement du lieu, de même que sur le processus de fabrication du sucre de canne. Notre chauffeur nous mène ensuite jusqu’à la Torre de Iznaga, qu’on décide de gravir et depuis laquelle on a une belle vue sur le village, avant de terminer par une visite d’un atelier de terres cuites. Un tour sympathique, d’autant que notre chauffeur connaissait vraiment bien l’histoire de la région et nous a raconté pleins d’anecdotes, ce qui n’est pas le cas des autres taxis qui se contentent d’attendre dans les parkings. On dépose au retour nos acolytes en ville, puis on continue jusqu’à la Playa Ancón, où on passera notre après-midi entre la mer, le soleil et l’ombre. Retour avec notre chauffeur attitré jusqu’en ville où, après une douche bienvenue, on va manger dans un restaurant… avec une attente interminable. Dernier déjeuner, avec lait chaud au chocolat Nesquik (!!!), puis on se rend à pied au terminal de bus. Quelques stops en route, un arrêt pour le dîner et en 5h, montre en main, on débarque à Camaguëy.

Trinidad est pour le moment notre coup de coeur pour ce pays, avec ses ruelles labyrinthiques en pavés, ses placettes ombragées, ses petites maisons colorées omniprésentes et son atmosphère agréable et reposante. Bien que ce soit une destination ultra-touristique, ça vaut la peine d’y faire un petit ou un grand tour!

Viñales et Cienfuegos

Arrivée en début d’après-midi dans la casa réservée depuis La Havane. On pensait dormir chez une famille, mais en fait c’est cette fois-ci une annexe à la maison principale. Par contre, il faut reconnaître que les chambres sont de très bonne qualité, avec une salle de bains privée. On savait déjà ce que l’on avait envie de voir par ici, mais on a quand même senti une « légère » pression de la propriétaire pour réaliser nos excursions. On peut soit en faire avec des agences (détenuespar l’Etat), soit passer directement par les particuliers. Cette deuxième solution est généralement un peu moins chère, avec moins de monde (qu’on rencontre quand même sur les sites…), mais un peu controversée car il peut s’agir d’un guide/chauffeur/etc. non-officialisé par l’état. On s’embarque quand même pour réserver une visite l’après-midi et un transport pour le lendemain.

Pas besoin d’attendre beaucoup pour que notre guide arrive, chapeau de paille, sac à mains, petites espadrilles. On s’en va tous les trois à pied pour un tour dans les environs pour visiter (partiellement) la vallée de Viñales, reconnue pour ses paysages, ses plantations de tabac et ses arbres fruitiers. On débute par la visite d’un atelier artisanal de fabrication de puros (= l’appellation locale des cigares). Processus de séchage, de parfumage, puis de roulage du cigare, avant la dégustation à proprement parler. On reculera à la dernière épreuve (l’achat) à cause du prix que l’on trouvait excessif… ça n’a pas plu! On continue à pied à travers les mogotes, ces massifs karstiques, typiques de la région. Peu d’industrialisation par ici, tout se fait encore à la main et on croisera pas mal de monde avec des charrettes tirées par des boeufs, dans les champs notamment. Deuxième arrêt, cette fois-ci dans une plantation de café, rapides explications, puis vient à nouveau l’heure de réaliser un achat. Vu qu’on n’a pas pu goûter le café, on se rabat sur une bouteille de rhum artisanal lui aussi, que l’on pourra déguster au prealable… Encore un peu de marche jusqu’à un petit mirador avec une jolie vue sur la vallée, avant de faire l’impasse sur la visite d’une grotte où l’on devait prendre un autre guide, avec son propre tarif. On retourne finalement au village, nos poches allégées, mais avec le sentiment un peu amer d’avoir été des vaches à lait pendant ces quelques heures. Souper dans une pizzeria locale… ça nous faisait tellement envie qu’on a fini par craquer : pizza d’un côté, pâtes de l’autre, d’autant que la cuisine locale n’est pas très variée : vive le combo’ poulet/riz/patates que l’on retrouve!

Déjeuner en terrasse et il fait frais… c’est bête parce aujourd’hui c’est journée à la plage au Cayo Jutías! Bon, espérons que ça s’améliore d’ici à ce qu’on y arrive. Le taxi partagé vient nous chercher devant la porte… On devrait plutôt l’appeler « taxo », mélange de taxi et tacot, puisque la bête affiche une année de naissance de 1942, les sièges qui vont avec et les trous de rouille dans la carrosserie aussi. Mais à 8 plus le chauffeur, on a de la place! 1h30 de route avec tellement de nids de poules qu’on aurait pu y faire un élevage. Vent, nuages et un peu frais à l’arrivée… du coup, on s’offre un petit sandwich pour patienter. Un coin abrité du vent et le soleil finit par pointer son nez. Malgré tout ça, pas de baignade prolongée car l’eau était bien fraîche, mais on a pu parfaire notre bronzage pour le retour! Retour identique que l’aller… et puisqu’on avait envie d’inverser nos plats, retour au même bistrot que le jour d’avant. Le lendemain, départ en taxi partagé pour nous rendre jusqu’à Cienfuegos. 

Sentiment un peu mitigé sur cette destination qu’on se réjouissait de découvrir! Les paysages sont magnifiques et les campagnes alentours aussi. On a beaucoup aimé le village en lui-même et ses maisonnettes colorées entourées de végétation. On regrette par contre de ne pas être allés nous balader par nous-mêmes plutôt qu’avec une « guide » qui n’a pas apporté grand-chose à l’expérience… par contre, il est difficile (voire impossible) dans ce cas d’accéder aux ateliers artisanaux, mais c’est peut-être un peu plus authentique?!
​Au départ de Viñales, trajet en taxi partagé avec un couple allemand. Changement de véhicule et de chauffeur à La Havane, qui nous emmène jusqu’à notre destination finale : Cienfuegos. À partir de maintenant, on prévoit des trajets en bus, donc à notre arrivée, on demande qu’il nous dépose directement au terminal pour que l’on achète nos billets. En haute saison touristique, pas beaucoup de bus, pleins de touristes et de locaux… c’est un peu le chaos par ici, mais on arrive finalement à reserver nos places. Autre subtilité, on doit réserver les places en avance, mais retourner au guichet le jour du départ pour confirmer la réservation. Voilà pour la p’tite histoire! 

Départ pour le centre à pied car il est situé à quelques centaines de mètres. On n’a rien réservé ici et, du coup, on sonne à une maison avec un signe « casa particular ». C’est bon pour cette nuit! Honnêtement, il y en a tellement partout des casas, que même s’ils n’arrivent pas à loger les gens sur place, ils trouvent toujours une place chez les enfants, des amis ou des cousins. Au moment de partir se balader, mauvaise surprise, on se rend compte qu’il nous manque une grande partie de l’argent retiré au bancomat de Viñales, et qu’on n’a pas touché depuis. Soigneusement rangé dans une pochette, comme toujours depuis le début du voyage, il faut se rendre à l’évidence, il a disparu… et selon toute vraisemblance lors du nettoyage de la chambre à Viñales. On se redonnera des nouvelles les jours suivants avec les propriétaires à ce sujet… le cœur un peu lourd de s’être fait déplumé de la sorte, on part quand même se promener dans le centre-ville, très joli avec ses anciens bâtiments coloniaux (il y en a partout) notamment sur la place principale, où on déguste en route un batido de platano (une sorte de frappé à la banane, pas bouratif du tout!). Ce sera souper dans la casa pour la soirée… mais pas comme on l’imaginait (nous attablant à la table familiale pour discuter avec tout le monde) puisqu’on sera en tête-à-tête au salon!

Pour cette matinée, on repart se balader au centre-ville, en zieutant à nouveau les édifices. En empruntant le Prado, l’avenue principale de la ville, on se rend à pied par le bord de mer jusqu’à la Punta, une avancée dans la mer dans la baie de Cienfuegos. On verra en route le Palacio Azul, puis tout au bout un joli parc où l’on flâne un moment, en regardant des colibris, tout chou! Un pique-nique dans une gargote, puis on reprend nos sacs direction le terminal des bus. 1h30 plus tard, nous voilà à Trinidad, considérée comme la plus belle ville de Cuba! Hâte de vous faire découvrir tout ça…

La Havane 

C’est en mini-jupes et bas résille que l’on est accueilli au contrôle de sécurité de l’aéroport de La Havane. Le début accrocheur est voulu, on essaye de s’attirer un peu plus de public! ;o) Trêve de blabla, c’était quand même bien surprenant… une fois nos sacs sur le dos, le retrait de quelques billets, nous voilà partis pour le centre après d’âpres négociations. À nos amis voyageurs : on vous dira que le prix « officiel » est de 30… en discutant un peu, il est plutôt de 25. À Cuba, il y a les hôtels, gérés principalement par l’Etat, et les casas particulares qui étaient autrefois des chambres chez l’habitant. Depuis que les restrictions sont moins importantes pour ces dernières (2011), cela s’est largement démocratisé et il y en a partout. Vu qu’on ne savait pas à quoi s’attendre en arrivant, on avait réservé quelque chose en avance. C’était plein où on a envoyé le mail, mais ils nous ont dégoté quelque chose tout près (autre fait important, internet n’est pas du tout développé ici, et rares sont les personnes pouvant en disposer… et encore moins de façon permanente). Comme on est arrivés de nuit, quelqu’un nous a accompagné à l’autre casa : chambre double avec salle de bains privée, c’est parfait!

Première journée en terres cubaines, que l’on met à profit pour une visite du centre et du quartier de la vieille Havane. On ne s’imaginait pas en mettant les pieds ici à quel point ça serait touristique… On se demanderait presque où sont les locaux! Blague mise à part, y’a vraiment un nombre incroyable de touristes, et on n’en avait plus l’habitude. Balade en se perdant dans les ruelles à l’ombre d’immeubles coloniaux colorés, tantôt magnifiquement entretenus dans le centre, tantôt délabrés à quelques rues de là. On a marché vers les Plazas de Armas et Vieja, autour du Parque Central (d’où partent les voitures américaines pour emmener les touristes en visite de la ville), près du Capitolio, du Gran Teatro, de la Cathédrale et jusqu’à l’église San Francisco de Asis… en empruntant plusieurs fois la rue piétonne Obispo qui coupe le centre-ville en deux. Première vision assez saisissante de l’univers cubain : pas de publicités, sauf des slogans révolutionnaires « ciblés », de vieilles voitures américaines à tous les coins de rues et de la musique partout et tout le temps! On soupe dans un restaurant recommandé par notre logeur… qu’on ne recommande pas à notre tour, nos papilles gustatives « sel » ayant cessé de fonctionner après ce repas.

On met à profit cette deuxième journée pour continuer de visiter la capitale, après un déjeuner buffet à nouveau gargantuesque! Un tour au musée de la révolution qu’on avait hâte de visiter (énorme file le jour d’avant) et dont on ressortira assez déçus… Très peu d’explications, cher, beaucoup d’objets-« reliques » ayant appartenu à untel ou untel, un étage entier consacré à la vente de bibelots / souvenirs. Peut-être intéressant pour quelqu’un connaissant déjà bien la révolution cubaine, pour notre part c’était plus complet dans le guide de voyage. On part ensuite à pied sur le Malecón, l’avenue située en bord de mer, les parapluies sont de sortie. Remontée dans le quartier plus récent du Vedado jusqu’à la statue de John Lennon (une idole de Fidel Castro), escorté par un gardien privé qui vient lui déposer ses lunettes à chaque touriste – il se les est déjà fait voler quelques fois… et un p’tit rafraîchissement dans un boui-boui pour la route. 

Petite parenthèse économique (il en fallait bien une durant notre voyage!), on utilise ici deux monnaies, le peso cubain ou CUP (utilisé par les cubains, pour tous les petits achats) et le peso convertible ou CUC (l’argent utilisé par les touriste et les gens du tourisme). 25 CUP = 1 CUC = 1 CHF. On paye dans certains endroits touristiques des boissons 2 CUC et dans des quartiers plus populaires 2 CUP… oui, 25 fois plus (ou moins suivant comment on compare). À se demander comment le pays parvient à tourner avec une économie à deux vitesses. Mais rappelons tout de même qu’il est ouvert au tourisme « de masse » seulement depuis 2011… Et donc, qu’il n’y a pas encore beaucoup de recul par rapport à cela. Fin de la parenthèse pour le moment! Visite du cimetière de Colón, paraît-il aussi connu que celui du Père Lachaise à Paris, puis passage par la Place de la Révolution qui peut accueillir jusqu’à un million de personnes. Un cocktail sur une petite terrasse au son de la musique cubaine pour terminer en beauté!

Vu qu’on repart de la Havane à la fin de notre séjour, on profite de réserver une nuit pour le jour où l’on revient et de laisser une partie de notre matériel en dépôt. On espère ne pas avoir besoin de la tente, de notre gros sac de couchage… et encore moins des doudounes! En fin de matinée, départ en taxi compartido pour Viñales, qu’on partage avec un sympathique couple parisien en vacances. Dérogation à nos principes du bus… mais le terminal étant situé loin du centre, si on comptait les allers-retours en taxi pour l’achat des billets et s’y rendre le jour J,  finalement c’était meilleur marché de faire le trajet directement en taxi collectif.