Lima 

​Après une nuit de bus, débarquement à Lima le 24 décembre. On y récupère nos sacs, couverts de fientes de poules… parce que les gens ont entassés un fourbi incroyable dans la soute et que les cages des animaux pour le transport sont de simples caisses en bois, avec des ouvertures partout. Merci les protections intégrales de sacs! On ne le dira jamais assez, mais qu’est ce que ça nous a rendu service depuis le début du voyage. Il doit y avoir eu à peu près tout ce qu’il est possible d’imaginer dessus (essence, huile, jus de poissons, fientes de poules… pour ce qu’on est parvenus à identifier!). Bon, revenons à nos moutons… ou nos rênes. C’est Noël et du coup, plutôt que de piler jusqu’au centre-ville ou de se serrer dans un collectivo, on s’offre un taxi! Et oui, en voyage, les envies de Noël ne sont vraiment plus les mêmes… la négociation est difficile, car en ce jour de fête, il y a du monde partout, mais le chauffeur accepte de faire un petit cadeau aux gringos que nous sommes. On se rend à l’auberge de jeunesse réservée auparavant avant de partir parcourir les rues du très chic quartier Miraflores. Le coin bourgeois de la ville, où se reunissent les riches péruviens et les expatriés. On est en quête d’une tente pour notre périple au Chili… Et on n’a rien trouvé jusqu’à présent qui soit 1) pour deux-trois personnes 2) assez grand pour mettre nos sacs a l’intérieur 3) étanche et 4) à un prix décent… On a parcouru quelques centres commerciaux gigantesques, complètement improbables après les mois que l’on vient de vivre entre le Pérou et la Bolivie. On se rend vraiment compte qu’il y a une énorme différence après tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Ce n’est pas ce qu’on préfère, on doit l’avouer, mais ça fait aussi partie du pays! On trouve finalement notre bonheur dans un magasin de sports… les photos de notre nouvelle maison suivront. Le soir, c’est Noël à l’auberge, avec tous les autres jeunes de la maison, ainsi que les propriétaires et leur famille. C’était vraiment génial! On a commencé de manger vers 22h00, un énorme buffet de spécialités péruviennes avec min. 20 plats, on a discuté avec nos voisins (belges, français, mexicains, colombiens), le tout dans une super ambiance. Avant le décompte final pour arriver à 00h00 et les feux d’artifices! Complètement surpris de s’entendre crier « Feliz Navidad » et de faire la bise à tout le monde… On s’est demandé si on avait oublié quelques jours du calendrier!

Dur réveil le lendemain du coup… On ne vous fait pas un dessin, même si certains d’entre-vous ont eu le bonheur de nous voir ce matin-là. Déjeuner de Noël : panetone (aussi surprenant que ça puisse paraître, il y en a partout ici!), jus de fruits, mangue, yogourt… c’est le LUXE! Avant de voir arriver Greg et Marie, en escale durant leur remontée du Chili à l’Équateur. On passe la journée avec eux, à se refaire un topo de nos expériences respectives de voyageurs, le tout en marchant jusqu’au centre historique. On y arrive après pas loin de 3h de marche et du coup, une bière s’impose! Balade dans les ruelles, pleines de monde, bien que pratiquement tout soit fermé, sous une chaleur étouffante. Retour en taxi, où l’un d’eux a voulu nous rouler… en cumulant plus d’une année de voyage en commun, on ne nous la fait plus! Apéro à l’auberge et souper au restaurant, mais cette fois-ci pas dans un boui-boui. Vous imaginez même pas à quel point on a apprécié. La soirée s’est terminée par un échange de cadeaux… format/poids « voyage », évidemment!

Dernier jour à Lima, on retourne se balader jusqu’au nord de mer avec nos deux acolytes et on profite de remanger un dernier ceviche tous ensemble! Retour en début d’après-midi, et nos chemins se séparent à nouveau. Alors qu’on prend un vol le soir-même pour le Chili, Marie et Greg s’en vont en bus en direction de l’Equateur. Après leur départ, on va se balader un moment dans les environs et acheter notre souper, avant de prendre un mini-bus plein à craquer pour l’aéroport. Pas évident avec tout notre chargement, surtout au moment de débarquer, quand une femme a décidé que, non!, elle ne bougera pas de sa place debout au milieu du bus. Elodie a bien failli lui arracher les cheveux! C’est sur ce dernier intermède chaotique qu’on termine notre expérience péruvienne.

Et quelle expérience! Un seul et unique pays, où il est possible de voir des paysages tellement diversifiés qu’on s’y perdrait… sommets enneigés culminant à plus de 6000m, hauts plateaux désertiques, côtes de bord de mer, jungle amazonienne, pour ne citer que les principaux. On a beaucoup apprécié la gentillesse et l’accueil des gens,  en particulier dans les régions un brin moins touristiques. On en revient toujours à la même chose : quand c’est touristique, les gens sont sympas, c’est sur. Mais on a quand même toujours l’impression que ce n’est pas 100% sincère. On a aussi rencontré de sympathiques voyageurs, avec qui on a partagé de supers moments. On ne sait pas trop expliquer pourquoi, mais il nous semble qu’il est plus facile de rencontrer du monde ici en Amérique du sud que lors de notre partie de voyage en Asie. Et ça aussi, c’est super chouette!

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Tarapoto et Tingo Maria

​Une longue nuit de bus, rallongée de plusieurs heures en raison des diverses précipitations nous mène à bon port jusqu’à Tarapoto. Une rivière en crue avec de grosses pierres empêchent un bon moment les bus d’avancer… puis c’est un glissement de terrain qui s’en charge par la suite. On arrive finalement à destination en milieu de journée et on réserve directement notre bus pour la prochaine destination. En période de Noël c’est nécessaire, car beaucoup de monde bouge! Un tour au centre-ville, dont la Plaza de Armas est décorée kitschement de guirlandes lumineuses de toutes les couleurs et avec tous les jeux de lumière possibles. On s’offre une petite bière, avec vue sur les environs puis on soupe dans un très bon restaurant de spécialités typiquement « junglesques » : du poisson chat grillé et en soupe. Un délice! Puisqu’on s’est approché de la jungle, c’était l’occasion d’y goûter (bon, c’est pas encore la forêt amazonienne, seulement un tout petit avant-goût… vous connaissez notre résistance à la chaleur/humidité, sans mentionner les moustiques). 

Le jour d’après, n’est pas très productif non plus… On est partis en voiture-taxi jusqu’au village de Lamas situé à une trentaine de kilomètres. Y habitent les descendants de l’une des plus anciennes tribus amazoniennes. On s’y balade dans les rues et ruelles, en admirant au passage un château, récemment construit et un peu loufoque, de jolies maisons en torchis et une place agréable où l’on passera un bon moment à regarder ce qui s’y déroule. On dîne d’un ceviche de poissons dans une gargote avant de s’offrir une glace au cacao et au coco! Retour à Tarapoto, où la fin de journée ressemble fort à celle du jour précédent… pourquoi changer quand on a passé une super soirée le jour d’avant?

Tôt le matin, on s’en va à la gare routière prendre un minibus à destination de Tingo Maria. On s’y entasse avec deux familles, des petits chiens et quelques autres personnes. D’abord sur une route bitumée, puis sur une piste. Il fait chaud, le soleil tape fort, très fort! Deux-trois arrêts en route, puis un changement depuis le minibus à une voiture pour rejoindre la ville. Elodie s’y fera un nouvel ami, un petit chien d’un mois qui s’endort sur ses genoux! A notre arrivée, après que l’on nous ait refusé de voir une chambre (!!!), on trouvera un hôtel en plein centre géré par une grand-maman. 

Déjà pendant la nuit, mais ça continue toute la matinée, il pleut des cordes! Des cordes amazoniennes, soit des trombes d’eau qui vous tombent sur la tête. On tente une excursion à l’extérieur, armés de nos tongs (les chaussures étanches ne servent à rien quand il y a 20cm d’eau…) et de notre parapluie. Tour au marché local pour un déjeuner, puis direction le jardin botanique pour s’occuper un moment. C’était sans compter sur les moustiques voraces qui s’y trouvaient et qui nous feront rebrousser chemin après 20 min de lutte inégale. Le temps s’étant amélioré, on prend un moto-taxi l’après-midi pour aller à la Cueva de las Lechuzas (= grotte des chouettes). D’abords effrayante, avec ses rochers acérés et ses cris d’oiseaux nocturnes qui ne s’arrêtent jamais, on a trouvé l’endroit très joli et la balade au bord de l’eau qui la borde apaisante. Quelques papillons et des perroquets ont agrémentés la visite de leurs couleurs. On aurait adoré vous montrer une photo des magnifiques Ulysse, qu’on avait déjà vus en Australie, mais ils sont bien trop rapides… Souper poulet (ahhhh, encore!) et tour sur la place principale où le Père Noël est de sortie, accompagné de lutin et de mères Noël, ainsi que d’un clown se chargeant de l’animation pour les enfants… petits et grands.

Grand beau pour ce deuxième jour et ça change tout, un brin de soleil (vous devez savoir ce qu’on veut dire par là!). Après un traditionnel déjeuner au marché, où l’on profite d’acheter notre pique-nique de midi, on s’en va en moto-taxi âprement négocié pour El Velo de las Ninfas. Une jolie balade d’une heure et demie environ qui nous mène à une chute d’eau. On mangera une morce sur place, accompagnés de Chicha et Morada, les deux chiens du bord de la route qui nous ont suivis. On redescend un peu plus bas, vers une autre chute, où on profite du soleil en bouquinant un moment. Retour vers la route principale, on y hèle un moto-taxi qui s’arrête bien qu’il y ait déjà deux personnes. C’est pas grave, on se serre! Arrêt un poil après à la Cueva de las Pavas. Pas vraiment des grottes, mais une courte balade au bord d’une rivière qui nous conduit à nouveau jusqu’à une petite chute. Finalement, on revient à l’hôtel, récupérer nos affaires et se doucher (après un accident de parcours pour Olivier qui s’est ouvert le crâne… mais rien de grave!). On prend ensuite le bus en direction de notre dernière étape péruvienne. Pas des moindres, puisqu’on s’attaque à la capitale… et qu’on va y recroiser quelques connaissances!

Trujillo, Huanchaco et Chiclayo

​Départ de Yungay en début de matinée, après un déjeuner à nouveau excellent! Les gens ont toujours peur que l’on soit en retard pour prendre le bus, mais c’est généralement nous qui attendons dessus… 45 min. ce matin-là. On aurait pu partir de nuit aussi, mais on avait envie de voir le Cañon del Pato, qui marque la frontière naturelle entre les Cordilleras Blanca et Negra. Et c’est effectivememt assez impressionnant, puisqu’à un moment donné, les deux côtés ne sont séparés que d’une quinzaine de mètres. Après cela, la route nous mène à travers des rizières, puis pas loin du bord de mer, jusqu’à la ville de Chimbote. On ne savait pas trop si on y restait, mais en passant ça ne nous a pas tellement fait envie… d’autant plus que l’air est parfumé au poisson fermenté à cause de l’usine locale. Du coup, sitôt arrivés, sitôt repartis, à nouveau en bus pour la ville de Trujillo. Depuis le terminal des bus, trotte d’une petite heure jusqu’au centre-ville pour se dégourdir les pattes et on trouve un hôtel près de la place principale. Vrai repaire à francophones, puisqu’on y croisera pendant notre séjour : suisse, français, belges et basques (« non, nous ne sommes pas français! »). Un tour au centre et un souper dans un chifa, restaurant péruvien d’influence asiatique!

Après le traditionnel déjeuner à l’hôtel, on se rend à l’office du tourisme glâner quelques informations sur les environs, puis on se rend en collectivo jusqu’au Huacas del Sol et de la Luna situés à quelques kilomètres de la ville. On commence par une visite du musée, qui nous explique l’histoire du peuple Moche (non! ça se prononce « motché ») et recense de nombreux objets provenant des bâtiment précités. Place ensuite à une visite guidée du Huaca de la Luna, qui servait à l’époque de centre religieux (le Huaca del Sol, centre du gouvernement, ne se visite pas car les fouilles archéologiques viennent seulement de débuter). Les édifices sont construits en forme de pyramide, répartie sur pas moins d’une dizaine d’étages. Malheureusement, ceux-ci étaient construits en briques de terre et les précipitations, ainsi que le vent les ont très largement endommagés. Un peu comme si les briques fondaient… 

On retourne ensuite en ville, où on s’envoie un p’tit ceviche sur la route et où l’on part ensuite à l’assaut des rues. Elles abritent de magnifiques maisons coloniales, bien entretenues, avec de jolis balcons et grillages en fer forgé. Pour le souper, un cabri passe à la casserole, ainsi que quelques fruits de mer. Et on assiste ensuite à l’inauguration des décorations de Noël de la Plaza de Armas.

On glandouille un peu le matin suivant… parce qu’on a le temps, qu’on discute avec les basques et qu’on planifie notre fin de visite du Pérou. Du coup, c’est seulement en fin de matinée qu’on décolle enfin pour aller voir le bord de mer à Huanchaco. Pas possible de s’y baigner pour nous les frileux, car en raison de divers courants, l’eau y est froide à l’année… du coup, on s’est baladé au bord de l’eau, on a regardé les quelques surfeurs courageux, on a mangé des cremoladas (sorte de granités) et paressé les pieds dans le sable en regardant un concours de workout réalisé par de jeunes acrobates sur des barres fixes. On a terminé par un verre de Pisco sour (= le cocktail péruvien!), avant de rentrer à Trujillo par le même moyen de transport… et de souper d’une salade de fruits frais à l’hôtel.
Le jour d’après, départ tôt le matin pour rejoindre la ville de Chiclayo, cette fois encore pour une étape rapide. À notre arrivée, on va directement réserver notre bus pour le soir-même et on en profite pour laisser nos sacs en consigne. Comme on arrive à la période de Noël, beaucoup de monde voyage, les terminaux de bus sont bondés (attention aux vols, que tout le monde nous dit!) et… les prix augmentent! Sur cette parenthèse, on continue cette journée en allant au Musée Tumbes Reales de Sipan. Il recèle les trésors retrouvés dans les tombeaux de plusieurs seigneurs Moches dans la ville.

Et c’est effectivement très bien présenté : les pièces sont joliment remises en valeur, l’éclairage est agréable, il y a de nombreuses reproductions et quelques photos présentant les travaux archéologiques réalisés. Suite à la visite, un tour au marché local pour boire un jus de fruit frais, puis retour au centre-ville de Chiclayo, où l’on flâne dans les ruelles animées du marché, où tout le monde nous crie ce qu’ils ont encore de beau (et de moins beau) à vendre pour Noël. On soupe de pleins de bricoles et cochonneries diverses avant d’aller retirer nos bagages et d’embarquer pour une longue nuit de bus jusqu’à Tarapoto.

Huaraz (+ environs) et Yungay

​Après une première longue nuit, on part faire un tour en ville pour repérer les lieux (et une pasteleria – pâtisserie – pleine d’horribles choses… dont des chaussons aux pommes et des empanadas au chocolat!) et se faire une idée un peu plus précise de notre programme des prochains jours… On souhaitait aller faire le trek de Santa Cruz, l’un des plus réputés de la région pour ses très beaux paysages. Mais ici, la saison des pluies débute, et de l’avis de toutes les personnes rencontrées, il pleut tous les jours vers 14h00 et le temps est bien voilé. Du coup, ça nous refroidit un peu… pas envie de devoir traîner tous les après-midi dans la tente, surtout si c’est pour ne pas voir les paysages et les sommets enneigés à cause des nombreux nuages! Du coup, on met un peu notre idée de départ entre parenthèses et on se dégotte une sortie le lendemain dans la région du Pastoruri. Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… ce sera une sortie en groupe.

Huaraz

Le jour d’après donc, on nous reprend vers 9h30 à l’hôtel et on part pour une journée groupée en compagnie de péruviens de Lima et de mexicains. Premier arrêt déjeuner dans un village un peu plus loin (de notre côté, c’était déjà fait à l’hôtel), puis plusieurs autres pauses en cours de route. Cela nous permet de voir une source d’eau gazeuse, un joli lac d’altitude à l’eau limpide et les fameux Puya Raimondi. Il s’agit de fleurs gigantesques, pouvant atteindre jusqu’à 15m, et vivant de 40 à 100 ans, avant de sécher. Très impressionnant! C’est finalement seulement à 14h que l’on arrive au début de la marchette qui nous mènera au pied du glacier et du lac du Pastoruri… pour la météo, on vous laisse vous référer à notre heure d’arrivée et aux explications précédentes concernant les conditions climatiques… hé oui, à cette altitude, pas de pluie, mais une sympathique neige nous accompagne! Alors que le matin, tout était dégagé, c’est rageant… On comprendra plus tard que les excursions ne partent pas plus tôt, car la majorité des touristes sont des péruviens des villes et que eux, souhaitent voir la neige! Enfin voilà, un petit regret, mais on n’avait pas vraiment le choix, car le site n’est accessible qu’avec une agence. Au retour, re-arrêt dans le restaurant, cette fois-ci pour le dîner à 16h30… seuls les gringos organisés avaient déjà prévus un pique-nique avant.

Pastoruri


Pour ce deuxième jour d’excursion dans la région, on souhaite profiter des beaux paysages qui nous entourent dans la Cordillère blanche et on part à l’assaut de la Laguna Churup. Elle est située dans les hauteurs de Huaraz et, du coup, c’est en collectivo complètement blindé – c’est peu dire, puisqu’il y a même des gens sur le toit – qu’on rejoint le départ de la marche à Llupa. Il est possible de débuter plus haut, au poste de contrôle de Pitec, mais on a eu envie de rallonger un peu le tout. Départ dans le village, on traverse ensuite des champs droit dans l’pentu, car on s’est trompé à un croisement et que l’on doit rejoindre le chemin (le tout en passant à travers la maison d’une vieille dame…). Paiement de notre droit d’entrée dans le Parc Huascarán, puis on attaque la montée à proprement dite jusqu’au lac. Des escaliers (encore!), quelques passages avec des cordes fixes, pour déboucher sur un lac aux eaux transparentes. On savoure nos sandwichs, les yeux perdus dans le paysage, avant de redescendre par le même chemin. Arrivés à Llupa, le temps est toujours au beau fixe, du coup, on décide de rentrer à pied jusqu’en ville. À nouveau super, car on est passés par des petits villages et que l’on a pu discuté avec quelques personnes en bord de route. Bien que la région soit très touristique (un peu moins à cette période), il ne doit pas y avoir beaucoup de monde qui passe par là! C’était une très belle journée, avec pas mal de marche (env. 7h) et de beaux panoramas.

Laguna Churup


Troisième jour dans les environs… et on décide de faire une journée culturelle, hé oui! Hormis le fait qu’on adore se gaver de beaux paysages, on trouve que cela fait aussi partie intégrante du voyage de connaître un minimum la culture du pays dans lequel nous voyageons. Du coup, et sans que ce soit prémédité au départ, ce sont ces deux choses qui nous guident dans nos visites de pays. Donc, direction le village de Chavin, situé à 2h30 de bus de Huaraz.
Comme de bien entendu, on s’y rend avec un transport local, qui nous déposera au centre du village, après le passage d’un joli col et d’un tunnel; c’est à noter car on n’en pas vu . Quelques minutes à pied nous mènent dans l’enceinte du site historique des Chavin de Huantar. Il s’agit d’une ancienne cité de la culture chavin, qui s’est établie en ces lieux entre 1200 et 300 av. J-C (soit près de 2000 ans avant les Incas). Du coup, plus grand-chose n’est encore entier… à part la partie principale de la forteresse qui renferme un totem de 5 mètres de haut, représentant trois divinités (aigle, jaguar et serpent). On a aussi pu se rendre compte de la grande complexité du bâtiment et de ses nombreux chemins labyrinthiques. Suite à cela, une visite du musée nous paraissait un bon complément… même si celui-ci était situé à l’autre bout du bled… 40 minutes de marche pour s’entendre dire qu’il est fermé pour rénovations! Cela nous ayant pris du temps, il n’est plus possible d’aller aux bains thermaux (proches du site) et on reprend directement un bus pour rentrer. À Huaraz, récupération de nos bagages laissées en consigne à la compagnie de bus, puis collectivo pour rejoindre le village de Yungay à 1h de là. Pour la petite histoire, ce village a été durement touché par plusieurs catastrophes naturelles dans les années 60 à 70. Un tremblement de terre, puis une gigantesque avalanche ont emportés pas moins de 20’000 personnes. Ironie du sort, les survivants de cette deuxième tragédie s’étaient réfugiés au cimetière, situé en hauteur. Du coup, il ne reste presque rien du village d’antan, et un nouveau moderne, avec peu de charme, l’a remplacé juste à côté. On y trouve un petit hôtel, avec un accueil des plus chaleureux de la part de Rusula, la sympathique patronne, et de toute la famille! 

Chavin


Un peu comme si on était à la maison. Après une nuit reposante, déjeuner de bonne heure (6h) à l’hôtel… avec jus d’oranges fraîchement pressés et deux bonnets péruviens en guise de cadeaux! Décidément, on est gâtés… Départ pour une nouvelle journée de marche, mais on commence par un peu de collectivo, histoire de se rapprocher un peu. Il est 8h40 lorsque l’on arrive à Cebollapampa, d’où l’on va rejoindre à pied la Laguna 69. 3h30 de montée, 3h00 si vous êtes rapides, que le chauffeur nous avait dit! Défi relevé avec brio, puisqu’on a mis… 1h30!!! Rythme ultra-rapide car le programme est chargé. Mais la vue en arrivant nous récompense, car c’est absolument magnifique! Un lac d’altitude à 4550m dont l’eau est incroyablement turquoise, au pied de glaciers et de sommets de plus de 6000m, dont le Chacraraju juste devant nous et les sommets nord et sud du Huascarán, observés en cours de route (6768m à l’altimètre, le point culminant du Pérou et la plus haute montagne tropicale au monde). Wahouuuu! Descente rapide également (avec un retour en arrière pour Olivier, puisqu’Elodie a oublié un t-shirt en haut… oups!) puis arrêt pique-nique dans les champs sous l’oeil attentif de 3 vaches qui nous observent de bien près. La Suisse nous manque! En redescendant, on continue encore le long des deux belles Lagunas Llanganuco. Au bout de la dernière, on s’assoit pour attendre un bus qui redescend (local ou touristique… peu importe!), quand une famille arrive en voiture. Comme on constate deux places de libre, on leur demande si c’est possible de nous redescendre jusqu’au village… sans souci! On s’offre une petite glace au retour pour fêter ça et compenser nos 5h de marche, avant de retourner pour une dernière nuit dans notre hôtel au top. Demain matin, départ pour la côte péruvienne et un peu de chaud! 

Lagunas 69 et Llanganuco

Ayacucho et Huancavelica

​Et oui, il y a parfois des imprévus dans un voyage et c’est ça aussi qui fait qu’on a des anecdotes à raconter. On est donc partis de Cuzco en début de soirée, en direction de la ville de Ayacucho. 12h de trajet, et pour une fois, on s’est fait plaisir en prenant un vrai bus « cama », avec sièges inclinables avec l’espoir de bien dormir. On se contente généralement de sièges partiellement inclinables, vu qu’on n’arrive de toute façon pas à y dormir. Après 30min de trajet, premier arrêt, car il semble que nous ayons crevé… et cela va continuer toute la nuit ainsi, avec pas moins de trois arrêts, le dernier s’avérant être celui de trop pour notre moteur, qui n’y survivra pas… Il est 7h00 du matin et nous avons roulé effectivement 2h seulement! On a profité comme il se doit de nos sièges de luxe, pour le coup bien rentabilisés. Par contre, on a dû changer et charger tout le monde dans deux mini-bus. On roule jusqu’à midi, puis vient le temps de changer de mini-bus. Cela prend à chaque fois un temps incroyable avant de partir car les chauffeurs ne sont pas d’accord avec le prix qui leur est versé par la compagnie des bus… On arrive à Ayacucho à 17h, soit un temps de trajet total de 21h : record battu en termes de retard de transport pour le voyage! On trouve un hôtel au centre, on soupe dans un restaurant andin, puis direct au lit.

La journée suivante est consacrée à une balade dans les rues de la ville, après un déjeuner au marché (infusion de coca = mate, sandwichs oeufs/avocat et jus de fruits frais). On visite le musée de la mémoire, pour les victimes du Sentier lumineux, un groupuscule extrémiste qui a sévi au Pérou durant les 1980 à 2000. Notre visite nous mène ensuite vers différentes églises et maisons coloniales, vers le couvent, où l’on ne pourra pas goûter les pâtisseries des sœurs car le guichet est fermé, et finalement jusqu’à un mirador. On termine la journée par un tour sur la Plaza de Armas où l’on s’offre une petite glace, avant de souper d’une pizza… plat typiquement péruvien (mais on – Elodie – n’en peut plus du mix poulet/riz/frites)!

À 5h00 le jour d’après, mini-bus pour rejoindre Huancavelica un peu plus au nord. Il s’agit de quelques étapes en route pour nous permettre de découvrir un peumieux les hauts plateaux andins et des villes un peu moins touristiques que celles visitées jusqu’à présent! Après 3h de route, le mini-bus nous dépose à un croisement. Là, on a le choix de prendre une voiture partagée ou un bus pour rejoindre la ville suivante… sachant que le bus passe trois heures plus tard. On opte pour la voiture, mais vu qu’on n’arrive pas à négocier le prix, on demande à notre chauffeur de faire un arrêt en cours de route près d’une jolie lagune. Et il accepte! Le trajet se révèle très chouette, puisqu’on a beaucoup discuté avec le chauffeur et un autre passager, tous contents de voir des touristes dans cette région. Magnifiques paysages en cours de route, peut-être parmi les plus beaux que nous ayons vus depuis le début du Pérou, et une très belle lagune Chocolococha où il y a des élevages de truites et des flamands roses. On arrive en ville en cours de matinée et on trouve un bus pour le soir-même à destination de Lima.

Il y a beaucoup d’animation, car c’est le jour de l’Immaculée conception et il y a des danses dans la rue, avec fanfare et costumes bien colorés. On profite également de faire un tour au marché local, où Elodie craque à nouveau pour un tissu typique… heureusement que le Pérou se termine bientôt, car sinon on devra certainement racheter un sac pour les transporter! Dîner excellent dans un petit restaurant en attendant que la pluie cesse… l’après-midi, on s’est baladé dans les rues où l’on a pu constater le peu de touristes présents dans cette région. C’était super, car les gens étaient très curieux et on a discuté avec pas mal de monde : une vieille dame au marché qui voulait nous emmener danser, des hommes dans la rue – dont plusieurs bien imbibés en ce jour de fête et des enfants, à qui l’on a même signé des autographes! Une très belle expérience dans cette ville qui est l’une des plus pauvres du pays.

On pensait aller faire un tour dans les bains thermaux de la ville l’après-midi, mais c’était malheureusement fermé. Du coup, ayant entendu du bruit dans une salle, on s’est approchés… et on s’est retrouvés au milieu d’un mariage où l’on a pu apprécié les danses et la cérémonie de remise des cadeaux. Un thé/café et un souper, avant le départ en début de soirée en direction de Lima.

Après une nuit de bus, arrivée à la capitale, uniquement pour une étape éclair. En effet, on ne souhaite pas s’y attarder (car on y reviendra plus tard) et on préfère prendre un bus rapidement à destination de Huaraz. On en trouve un qui part à 9h00, juste le temps de déjeuner un p’tit truc et on repart. C’est assez particulier à Lima, car il n’y a pas de terminal de bus regroupant toutes les compagnies, chacune en a un particulier. Du coup, on a dû marcher un bout avant de trouver notre bonheur, le tout dans un quartier pas très engageant, regorgeant d’ordures et de sacs éventrés, où l’on nous a dit de ne pas passer par certaines rues car c’était dangereux même en plein jour… oups, on espère ne pas retourner souvent dans les environs! On recommence avec du bus, dans un paysage particulier, au bord de mer, à flanc de dune, avant de passer dans un désert puis de remonter dans les hauteurs pour arriver à Huaraz (3100m) en fin de journée… avec pas mal de brouillard et un peu de pluie. On verra ce que ça donne pour les prochains jours, mais il semblerait que la saison des pluies soit déjà installée dans le coin… on aimerait aller faire quelques marches dans les environs ou un trek de plusieurs jours, car c’est la destination péruvienne à privilégier pour cette activité, avec de superbes paysages!

Machu Picchu 

​Pour rejoindre la fameuse cité du Machu Picchu, il y a plusieurs choix possibles : participer à un tour organisé, réaliser un trek sur 4-5 jours ou acheter son billet d’accès et s’organiser pour le déplacement.

On a choisi la troisième possibilité, car c’est celle qui revenait le moins cher et qui nous laissait le plus de liberté. Dans les treks, on n’avait pas eu connaissance d’une excursion de 5 jours, seulement de marche, dans les alentours du Salkantay… si on avait su avant d’acheter nos billets, on aurait peut-être changé notre idée de départ!

D’ailleurs, revenons-y… achat de nos billets au bureau de Cuzco pour la visite du Machu Picchu, en choisissant également de gravir la Montaña qui surplombe le site. Le jour J, départ un peu chaotique de l’hôtel puisqu’on ne peut finalement pas y déjeuner… On trouve par chance une vendeuse dans la rue qui fait de petits sandwichs et ensuite, rendez-vous à 7h00 sur la Plaza de Armas pour le départ théorique.

Mais voilà, l’agence nous a « oublié » sur place et c’est avec l’aide de deux agents de sécurité qu’on arrive finalement à les joindre par téléphone. Un taxi puis un bus nous reprend à 8h30 (on comprendra par la suite que ce n’était pas l’officiel…), puis on a roulé jusqu’à 15h00, avec divers arrêts, avant d’arriver au village d’Hydro Electrica. De là, deux solutions se présentent: prendre le train jusqu’au village d’Aguas Calientes, hors de prix pour notre budget de voyage, ou marcher le long des voies, ce qu’on a fait! 2h plus tard, arrivée au village, point de départ pour l’ascension du Machu Picchu. On trouve un hôtel pas trop cher, avant d’être littéralement harceler dans la rue pour aller manger à droite ou à gauche… on doit être allés dans le seul bistrot où personne ne nous a appelé! De retour à l’hôtel, joie, bonheur, un groupe de jeunes (ou un troupeau d’éléphants, on ne sait pas trop en fait) a rejoint les lieux et se fait un plaisir de nous le faire savoir. Lorsqu’enfin le calme revient, de nouveaux occupants pachydermiques arrivent pour les chambres situées à côté de la nôtre. Minuit, on arrive enfin à fermer l’oeil…

… tout ça pour une courte nuit, puisque notre réveil a sonné à 3h45. Départ de l’hôtel à 4h00 pour se rendre devant les premières grilles d’accès tout près du village. A nouveau, choix multiples pour grimper jusqu’à l’entrée officielle : en bus, à nouveau hors de prix, ou à pied… on vous laisse deviner laquelle on choisit! 30min de montée intense et sportive, le tout en marches d’escaliers de taille inégale, malgré la fatigue (et le souper du dernier soir à Cuzco qui ne veut définitivement pas passer…). On arrive dans les dix premiers devant les portes… et avant les premiers cars. Du coup, à 6h00 tout pile, on entre dans le site où il n’y a encore personne. C’était vraiment un moment magique, comme si on découvrait le site les premiers, en vrais explorateurs que nous sommes! À 7h00 tapante, on est encore allés au départ pour grimper jusqu’au sommet de la Montaña depuis lequel il y a une belle vue d’ensemble sur le site du Machu Picchu et la montagne mythique du Wayna Picchu (que l’on peut aussi gravir, mais il est nécessaire de réserver des semaines en avance). Re 1h de grimpette et comme vous devez vous en doutez, seulement des escaliers… un bon moment tout en haut, à admirer la vue et à attendre quelques dissipations du brouillard ambiant. Après cela, on est redescendus et on a visité les ruines de l’intérieur. En milieu de journée, on a attaqué la descente jusqu’à Aguas Caliente, puis le retour le long des rails jusqu’à Hydro Electrica. On y retrouve notre chauffeur de l’aller qui nous dit ne pas s’occuper de nous pour le retour !? Re-téléphone à l’agence qui explique que l’on rentre avec une autre compagnie. 

C’est avec bonheur que l’on voit finalement arriver notre bus (où nous ne sommes pas inscrits sur la liste; heureusement qu’il y restait deux places!), mais un peu moins les touristes qui nous accompagnent. Un groupe de sept israéliens, comment dire… imbuvables, bruyants, chanteurs, et l’on s’arrêtera là parce qu’on est sympas! C’est avec une joie indescriptible que l’on voit scintiller les lumières de la ville à 21h30… On passera sous silence que l’hôtel a « oublié » de nous réserver une chambre pour notre retour et que l’on a dormi dans une chambre dans la partie « habitation » de la propriétaire.

Tout ça pour dire que ça a été deux journées riches en émotions de toutes sortes. On est passés par l’incrédulité, l’abattement, l’énervement, la joie, la curiosité… mais ce que l’on retiendra surtout c’est l’émerveillement devant ce site incroyable, situé dans un endroit complètement improbable et, aujourd’hui, bien difficile d’accès (en transport et à la bourse d’un routard). 

Une fois encore une expérience inoubliable! 

Du coup, assez blablaté… on vous laisse regarder les photos;)

Cuzco et environs (Vallée Sacrée, Montaña colorada)

​Après une nuit de bus depuis Arequipa, nous voilà à Cuzco, la fameuse cité inca. On a passé nos deux premières journées à vadrouiller dans les ruelles joliment pavées et à planifier, un peu, la suite de notre programme. Parce que oui, on est devenus un poil moins prévoyants en voyageant et ça nous arrive de faire des choses à la dernière minute! 

L’ambiance de la ville et son architecture particulière (d’anciens murs incas sur lesquels ont été reconstruits les bâtiments coloniaux), ainsi que ses nombreuses églises et cathédrales nous ont beaucoup plu. On a par contre moins apprécié les rabatteurs qui sévissent partout pour vous vendre tout et n’importe quoi… massages, tours organisés, bus, restaurants, visites guidées, lunettes de soleil… la liste est longue!

Bon, tout ça pour dire qu’on s’est baladés, qu’on a mangé dans les marchés du « ceviche » (spécialité péruvienne à base de poissons marinés dans du jus de citron, avec riz et maïs, super bon) et grignoté le soir dans des gargotes, avec plus ou moins de bonheur pour nos estomacs. On a aussi acheté notre précieux sésame à 42.- chacun pour la visite du Machu Picchu qui a duré 2 journées, ainsi que notre trajet aller-retour en bus (plus de détails sur cette expédition « spéciale » dans l’article qui s’y rapporte). 

Cuzco


Après ces deux jours intenses à tout point de vue au Machu Picchu, une matinée tranquillou n’était pas de trop… mais pas plus! On a donc parcouru la ville dans tous les sens dès la fin de matinée, afin d’acheter le « boleto turistico » pour la visite de sites incas à quelques encablures de la ville. Quand on dit dans tous les sens, c’est vraiment ça, puisqu’on a cherché le bureau pendant presque une heure (le lieu indiqué dans notre guide n’était plus juste), tout ça pour le trouver finalement à deux pas de notre hôtel et pour s’entendre dire que le billet s’achète directement à la première visite de l’un des sites… bon, du coup, on embarque dans un mini-bus à destination de Pisac, une ancienne cité inca. Arrivée sur place, on se faufile à travers les étals du marché touristique pour rejoindre l’entrée du site où l’on achète (enfin!), le précieux sésame. Débute une montée en escaliers, bien que nos jambes ne se soient pas encore entièrement remises des jours précédents, qui nous mène de superbes cultures en terrasse à différents quartiers de l’ancienne cité, avec un arrêt pique-nique en route en jouissant dune belle vue sur la « Vallée Sacrée ». Au total, la balade nous aura pris pratiquement 5h, en comptant la marche aller-retour depuis le village jusqu’en haut des ruines, situées 750m plus haut. Trajet de retour sur le même mode, en collectivo jusqu’à Cuzco.

Le lendemain, on profite du deuxième jour de validité de notre billet pour continuer notre plongée dans le monde inca. Re-minibus jusqu’au village de Maras, où l’on se laisse convaincre par un taxi pour nous amener au site archéologique de Moray. On avait parler d’un aller-retour, mais en arrivant, il s’avère que le site est bien plus près que ce que l’on pensait. Du coup, on décide de faire le retour à pied et de congédier notre chauffeur! La visite en elle-même ne dure pas très longtemps, mais le site est impressionnant. Il s’agit d’anciennes cultures en terrasses, de forme arrondie. Selon ce qu’on a lu, il semblerait qu’il s’agisse de cultures d’essai réalisées par les incas, car plus on s’approchait du fond, plus les ronds étaient petits et par conséquent, la température élevée. Une sorte de laboratoire en plein air, en quelque sorte!

Retour jusqu’au village à pied donc, en parcourant un chemin très bien balisé à travers les champs et où l’on a quand même été aidé par des travailleurs pour la direction. Au village, pique-nique tiré du sac, qui prend la forme de sandwichs avocat/tomate… un régal! Ensuite, on rejoint à pied les salines de Maras (qui ne sont elles pas comprises dans le billet… vous l’aurez compris, Cuzco coûte cher!). Il s’agit de salines en étages, où l’exploitation est encore réalisée entièrement à mains d’homme. 

C’était un endroit très chouette, avec de belles lignes graphiques et des couleurs surprenantes. On a pu parcourir le site de haut en bas et un peu dans tous les sens, la seule restriction pour le passage des gens est de ne pas marcher dans les bassins d’eau salée… on a vu des travailleurs à l’oeuvre et même goûté si c’était vraiment salé (même si on n’en doutait pas vraiment). Ensuite, on a rejoint, toujours à pied, une grande route depuis le bord de laquelle on a hélé un mini-bus pour rejoindre la dernière étape de notre journée  » Ollantaytambo ». Ultime visite, il s’agit encore une fois d’un site inca, sous la forme d’une gigantesque forteresse construite sur un pan de montagne. On y a gravi le raide escalier menant tout en haut de la forteresse et le long duquel les conquistadors ont dû faire demi-tour lors de leur croisade initiale. Les flèches incas étant définitivement une arme redoutable. Le site était vraiment bondé, car nous y étions en fin de journée, tout comme les tours organisés, du coup, c’est vrai qu’on a un peu moins apprécié que les précédents. Sur ce, on retourne à Cuzco, où on réserve une excursion pour la journée du lendemain en tour organisé… une fois n’est pas coutume.

Vallée Sacrée 

Réveil matinal à 3h alors que l’on croise dans les rues de la ville une foule bien jeune qui semble encore tout juste tenir sur ses pieds… quand ce n’est pas sur les pieds du copain ou de la copine. Comme la fête des vendanges, si ce n’est qu’il n’y a rien de particulier ce soir-là et que ca semble se passer de la sorte tout le temps. Il semblerait que les péruviens soient des fêtards! 3h30, notre chauffeur nous reprend à la Plaza de Armas… s’en suit une tournée des hôtels de la ville pour ramasser les autres touristes qui nous accompagnent. 3h de route plus tard, c’est le moment de déjeuner en compagnie de nos acolytes, une bonne partie de coréens très sympas (dont un couple vivant à Interlaken et en voyage de noces) et d’autres touristes un peu moins aimables. On est vite rejoint par d’autres personnes de la même agence… tout le monde rembarque pour quelques kilomètres, avant le grand débarquement… un groupe de 15 personnes qu’on nous avait dit… ça c’était la contenance de notre bus, mais au final, on sera plutôt dans les 40, avec deux guides, dont un coréen ne parlant que quelques mots d’anglais et on ne dira rien de l’espagnol. 

On était sensés marcher en groupe, mais après le premier arrêt 10min après le départ pour les marcheurs qui souhaitaient se convertir en cavaliers, on a pris un peu d’avance avec quelques autres personnes. En un peu moins de 3h, on a rejoint la montagne colorée. En si peu de temps, le climat a complètement changé… de nos t-shirts, on est passés aux k-ways, avec bonnets et gants. Un grésille s’est abattu sur nous durant la montée, secondé peu après par un terrible orage et de la neige. On a encore eu de la chance de voir les couleurs, car il ne devait pas en être de même 15min plus tard. Le retour se fera en mode « je suis gelé, je descends, alors ne m’embête pas! ». Glissades, chutes, pantalons trempés, doigts gelés… et encore, on ne doit pas se plaindre quand on voyait l’équipement de certains… mais quand même, c’était pas marrant! Heureusement qu’on avait un pantalon de rechange dans le véhicule. Dans ce dernier, 1h30 d’attente avant qu’il soit plein et que le premier chargement de touristes de la compagnie puisse aller manger. On a rarement autant apprécié un thé chaud! Le deuxième bus est arrivé quand on remettait les voiles pour rejoindre la ville. 

En définitive, on peut dire que les excursions en groupe… c’est décidemment pas pour nous, entre les attentes interminables, le rythme de balade et le nombre de personnes. Mais bon, il y a certaines fois où cela n’est pas possible, ou simplement bien plus cher, de réaliser une sortie par ses propres moyens. Et puisqu’on ne peut malheureusement pas tout avoir… Comme on est finalement pas si difficiles, une douche bien chaude au retour nous a rapidement remis d’aplomb! Et on a passé le reste de la soirée à planifier la suite… et la fin… de notre voyage.

Montaña Colorada


Dernier jour à Cuzco, où on s’offre une mini grasse matinée, avant de discuter un bon moment avec un groupe de français sur le toit terrasse. Tour au marché pour un ceviche puis à la station pour réserver notre bus de nuit. Ensuite, on glandouille un peu jusqu’à l’heure du départ de l’hôtel. On déroge à notre principe de marcher jusqu’au terminal du bus quand un monstre orage s’abat sur la ville… pas envie de se taper les 11h de route trempés de la tête au pied, du coup on recourt finalement à un taxi! Départ sur le coup de 20h à destination de Ayacucho, pour une nuit de bus… mais ça c’était ce qu’on croyait… les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu 😉

Cañon de Colca

Depuis Arequipa, on repart un matin à 11h, en direction de Cabanaconde lieu de départ privilégié des marches dans le Cañon de Colca. Évidemment, vu qu’on souhaite se départir de la foule de touristes répartie dans les groupes, on opte pour une randonnée en solo. Après 6h30 de trajet, quelques nombreux arrêts pour charger et décharger du monde, nous voilà arrivés sur place où l’on s’est fait directement harcelés à la sortie du bus pour 1) payer notre droit d’entrée dans le parc et 2) aller dans un hôtel… où on se laissera finalement tenter… pas le choix pour la première option. 

Le lendemain, de bon matin, après un (petit) déjeuner à l’hôtel, et achat de provisions de nourriture pour nos dîners, nous voilà partis. Direction le hameau de Llahuar, tout au fond du canyon, soit près de 1300 mètres de dénivelé négatif. Chemin pas évident du tout, beaucoup de poussière et des pierres qui roulent dans tous les sens. À midi, on atteint le fond du canyon et on trouve un peu d’ombre pour grignoter et tremper les pieds dans la rivière. Une petite remontée et on atteint le village à 14h00; quatre heures de marche et une bonne heure de pause plus tard. On s’inquiète déjà de la façon dont on va occuper notre après-midi… c’était sans compter sur les bassins d’eau thermale (encore!) jouxtant les bungalows et sur notre rencontre avec Mathilde et Mathieu, deux jeunes lyonnais également en tour du monde. On a de quoi discuter du coup, et on passe un très bel après-midi à se compter nos histoires de voyage et à refaire le monde, complété par une bière en soirée… faut savoir se faire plaisir de temps en temps! C’est pour ça qu’on est retournés dans les bains chauds de nuit pour admirer les étoiles.

La journée du lendemain commence par une longue montée, en grande partie sur une route poussiéreuse… c’est pas ce qu’il y a de plus intéressant, heureusement les voitures ne sont vraiment pas nombreuses et le paysage nous fait oublier cet inconvénient. On pensait rejoindre l’oasis de Sangalle pour y passer la nuit, mais notre timing est plus rapide et on risque d’y être en début d’après-midi. Du coup, on se dit qu’on va prolonger un poil en passant par les villages de Malata et San Juan, au fond du canyon et rejoindre ensuite notre point de chute pour la nuit. Difficile de se repérer en arrivant tout en bas, car il y a de la végétation et des sentiers dans tous les sens. Une petite dame se veut rassurante et nous dit de ne surtout pas passer par là car on risque de s’y perdre. Bon, du coup, on rebrousse chemin jusqu’à Malata (en remontant ce qu’on est descendus!), pour retrouver la bifurcation menant à Sangalle… où l’on retrouve dès notre arrivée nos amis français, pour une petite tête dans la piscine, cette fois-ci non chauffée! Re-bières, en jouant au Uno de poche. Il nous faut du courage pour demain!

Départ à 7h00, pour limiter l’impact du soleil et du cagnard qui tape au fond du canyon. Chance, quelques nuages se pointent et nous permettent de grimper sans trop souffrir de la chaleur. 1200 mètres de montée, avalés en 2h à peine. Un peu rude, mais un brin d’entraînement pour la suite de nos treks péruviens ne nous fait pas de mal. On va ensuite récupérer notre matos supplémentaire abandonné à l’hôtel et, pour la première fois, on devra payer quelque chose pour la garde de notre équipement. Pas glop, surtout que nous y avions passé la nuit et mangé! En début d’après-midi, reprise d’un bus pour le retour à Arequipa où on attendra quelques heures au terminal pour prendre un bus de nuit à destination de Cuzco. Rude journée, mais ce n’est pas pour autant qu’on aura réussi à dormir dans le bus…

PS : le Cañon de Colca est réputé pour être l’un des plus profonds au monde et pour posséder des condors dans leur milieu naturel. On croyait en avoir aperçu au débit de notre balade… mais l’agrandissement de la photo nous a prouvé le contraire. Zut!

À très bientôt pour de nouvelles aventures en terres incas…

Arequipa

Comme on l’avait écrit, arrivée en fin de journée! Et quelle fin de journée… depuis la station de bus, on se rend en taxi au centre-ville. Oui, ce n’est pas loin, mais on a une autre idée pour la suite du programme que de marcher. On trouve un hôtel vraiment sympa, avec une jolie cour intérieure et une terrasse sur le toit, avec vue sur les montagnes alentours, dont le célèbre volcan Misti qui surplombe la ville de toute sa hauteur.

Pour en revenir à notre programme, directement après avoir posé nos affaires, on part visiter le Monasterio Santa Catalina. Quel empressement vous dites-vous… oui, mais c’est mardi… et le mardi, le monastère est ouvert en soirée et éclairé à la bougie et avec des lampes à huile. Du coup, quitte à se bouger un peu, on s’est dit qu’il ne fallait pas louper cela. Et on n’a pas été déçus! C’était vraiment magique de parcourir les vieilles ruelles de cette petite ville dans la ville, de flâner sur les placettes et dans les cloîtres, d’espionner les anciennes cellules des nonnes ou de ressentir l’odeur des pâtisseries réalisées antan par les habitantes. 

Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une trentaine de soeurs habitant dans le monastère à l’abri des regards, mais il y en avait près de 170 (plus leurs servantes) durant les quatre derniers siècles. Fait intéressant, jusqu’en 1985, année de visite du pape Jean-Paul II, les résidentes n’étaient autorisées ni à sortir de l’enceinte du monastère, ni à parler. On en connaît pour qui cela aurait été bien compliqué… Bref, l’ambiance et le lieu nous ont beaucoup plu! Pas de changements pour le souper, on continue sur notre lancée des p’tits bistrots typiques où l’on mange un menu (soupe, plat = segundo, boisson) pour l’équivalent de CHF 3.00.

Le jour suivant, après un déjeuner gargantuesque ensoleillé dans la cour de l’hôtel, on part en visite dans le centre-ville. Arequipa est elle aussi surnommée la ville blanche (comme Sucre), grâce de la couleur de ses bâtiments, qui lui a également permis d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. En effet, une grande partie de ceux-ci, du moins les anciens édifices du centre, sont construits avec une pierre volcanique de couleur blanche tirant légèrement sur le gris (le sillar). Un peu chauvins et fiers de ce fait, les arequipeños disent volontiers de leur ville que « La lune a oublié d’emporter la ville lorsqu’elle s’est séparée de la Terre ». On a traîné un peu sur la Plaza de Armas, admiré la très belle cathédrale et dîner au marché local où l’on a dégusté quelques figues excellentes et un chicha, un jus de maïs jaune ou violet très très très sucré. 

L’après-midi a été l’occasion d’une visite culturelle au Museo Santuarios Andinos. C’est dans celui-ci que l’on peut voir la momie de la célèbre princesse des glaces « Juanita ». Cette jeune fille de 13 ans à été découverte en 1995 par un groupe de chercheurs, ainsi que divers autres objets. Il s’agit de la momie la mieux conservée des 18 retrouvées sur les sites incas, qui datent de près de 500 ans! Il semblerait que les Incas, pour se prémunir des catastrophes naturelles, réalisaient des sacrifices humains aux sommets de montagnes et notamment de jeunes garçons ou jeunes filles. Par ce sacrifice, ces derniers accédaient au domaine des Dieux et devenaient eux-mêmes des « demis-Dieux ». C’était très instructif, mais quand même un peu glauque au moment de voir la momie enfermée dans son caisson à -20°…

Pour la fin de journée, un tour vers le mirador du quartier de Yanahuara, où l’on pensait pouvoir déguster une « chupe de camarones », soupe piquante avec des grosses crevettes. Après avoir vainement vadrouillé dans les ruelles sans succès, on se tournera vers un restaurant un peu plus touristique, mais qu’est-ce que c’était bon!